La piété populaire permet une citoyenneté constructive des chrétiens

La piété populaire permet une citoyenneté constructive des chrétiens

Venu pour conclure le colloque sur la religiosité populaire en Méditerranée à Ajaccio ce dimanche 15 décembre, le Pape François a estimé que la piété populaire ne peut pleinement se déployer que dans une relation saine entre la religion et le politique. La piété populaire, ouvrant les cœurs des croyants à la charité, permet une «citoyenneté constructive» des chrétiens, qui peuvent ainsi œuvrer au bien commun aux côtés des institutions civiles et politiques.

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS À AJACCIO
À L’OCCASION DU CONGRÈS
« LA RELIGIOSITÉ POPULAIRE EN MÉDITERRANÉE »

SESSION CONCLUSIVE DU CONGRÈS

DISCOURS DU SAINT-PÈRE

Palais des Congrès et d’Exposition d’Ajaccio
Dimanche 15 décembre 2024

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Monsieur le Cardinal,
chers frères dans l’épiscopat,
chers prêtres, religieux et religieuses,
chères sœurs et chers frères !

Je suis heureux de vous rencontrer ici à Ajaccio, à l’issue du Colloque sur la piété populaire en Méditerranée, auquel ont participé de nombreux chercheurs et évêques de France et des autres pays.

Les terres baignées par la mer Méditerranée sont entrées dans l’histoire et ont été le berceau de nombreuses civilisations ayant connu un développement exceptionnel. Rappelons notamment les civilisations gréco-romaine et judéo-chrétienne qui témoignent de l’importance culturelle, religieuse et historique de ce grand “lac” situé entre trois continents, cette mer unique au monde qu’est la Méditerranée.

N’oublions pas que dans la littérature classique, tant grecque que latine, la Méditerranée a été souvent le cadre idéal de la naissance de mythes, de contes et de légendes. De même, la pensée philosophique et les arts, avec les techniques de navigation, ont permis aux civilisations de la Mare nostrum de développer une haute culture, d’ouvrir des voies de communication, de construire des infrastructures et des aqueducs, et plus encore des systèmes juridiques et des institutions d’une grande complexité dont les principes de base sont encore valables et pertinents aujourd’hui.

Entre la Méditerranée et le Proche-Orient, une expérience religieuse très particulière est née, liée au Dieu d’Israël qui s’est révélé aux hommes et a initié un dialogue incessant avec son peuple, culminant avec la présence singulière de Jésus, le Fils de Dieu. C’est Lui qui a fait connaître définitivement le visage du Père, son Père et le nôtre, et qui a mené à son accomplissement l’Alliance entre Dieu et l’humanité.

Deux mille ans se sont écoulés depuis l’Incarnation du Fils de Dieu, et nombre d’ères et de cultures se sont succédées. À certains moments de l’histoire, la foi chrétienne a éclairé la vie des peuples et de leurs institutions politiques, alors qu’aujourd’hui, surtout dans les pays européens, la question de Dieu semble s’estomper ; et nous nous retrouvons toujours plus indifférents à sa présence et à sa Parole.

Il faut cependant être prudent dans l’analyse de ce scénario et ne pas se laisser aller à des considérations hâtives ni à des jugements idéologiques qui opposent parfois, encore aujourd’hui, la culture chrétienne et la culture laïque. C’est une erreur !

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Il importante au contraire de reconnaître une ouverture réciproque entre ces deux horizons : les croyants s’ouvrent de plus en plus à la possibilité de vivre leur foi sans l’imposer, de la vivre comme un levain dans la pâte du monde et des milieux dans lesquels ils se trouvent ; et les non-croyants, ou ceux qui se sont éloignés de la pratique religieuse, ne sont pas étrangers à la recherche de la vérité, de la justice et de la solidarité.

Souvent, même s’ils n’appartiennent à aucune religion, ils portent dans leur cœur une soif plus grande, une exigence de sens qui les conduit à s’interroger sur le mystère de la vie et à rechercher des valeurs fondamentales pour le bien commun.

C’est précisément dans ce cadre que nous pouvons saisir la beauté et l’importance de la piété populaire (cf. St Paul VI, Exhort. ap. Evangelii Nuntiandi, n. 48). C’est saint Paul VI qui a “changé le nom”, dans Evangelii nuntiandi il passe de “religiosité” à “piété” populaire.

D’une part, elle nous rappelle l’Incarnation comme fondement de la foi chrétienne qui s’exprime toujours dans la culture, l’histoire et les langues d’un peuple et qui se transmet à travers les symboles, les coutumes, les rites et les traditions d’une communauté vivante.

D’autre part, la pratique de la piété populaire attire et implique également des personnes qui sont au seuil de la foi, qui ne pratiquent pas assidûment mais qui y retrouvent l’expérience de leurs propres racines et affections, ainsi que des idéaux et des valeurs qu’elles considèrent utiles pour leur vie et pour la société.

En exprimant la foi avec des gestes simples et des langages symboliques enracinés dans la culture du peuple, la piété populaire révèle la présence de Dieu dans la chair vivante de l’histoire, renforce la relation avec l’Église et devient souvent une occasion de rencontre, d’échange culturel et de fête ; c’est curieux : une piété qui n’est pas festive n’a pas « une bonne odeur », ce n’est pas une piété qui vient du peuple, elle est trop « distillée ».

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En ce sens, ses pratiques donnent corps à la relation avec le Seigneur et au contenu de la foi. J’aime rappeler, à ce propos, une réflexion de Blaise Pascal qui, dans un dialogue avec un interlocuteur fictif, pour l’aider à comprendre comment parvenir à la foi, dit qu’il ne suffit pas de multiplier les preuves de l’existence de Dieu ou de faire trop d’efforts intellectuels.

Il faut plutôt regarder ceux qui ont déjà progressé sur le chemin, parce qu’ils ont commencé avec peu de choses, « en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes » (Pensées, in Œuvres complètes, Paris 2000, n. 681). Ce sont les petits pas qui vous font avancer. La piété populaire est une piété qui est impliquée dans la culture, mais qui ne se confond pas avec la culture. Et elle avance à petits pas.

Il ne faut donc pas l’oublier : « Dans la piété populaire, on peut comprendre comment la foi reçue s’est incarnée dans une culture et continue à se transmettre ». « Se trouve donc en elle une force activement évangélisatrice que nous ne pouvons pas sous-estimer : ce serait comme méconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 123 ; n. 126), qui agit dans le saint Peuple de Dieu, en le faisant avancer dans les discernements quotidiens.

Pensons au pauvre diacre Philippe, qui un jour a été conduit [par l’Esprit] sur une route et a entendu un païen, un serviteur de la reine Candace d’Éthiopie, lire le prophète Isaïe et ne rien comprendre. Il s’est approché : « Comprends-tu ? ». – Non. Et il lui a annoncé l’Évangile.

Et cet homme, qui avait reçu la foi à ce moment-là, s’approchant de l’endroit où il y avait de l’eau, dit : “Dis-moi, Philippe, peux-tu me baptiser, maintenant, ici, qu’il y a de l’eau ?” Et Philippe n’a pas dit : “Non, il doit suivre le cours, il doit amener le parrain et la marraine, tous deux mariés dans l’Église ; il doit faire ceci… ”. Non, il l’a baptisé. Le baptême est précisément le don de la foi que Jésus nous fait.

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Nous devons veiller à ce que la piété populaire ne soit pas utilisée, instrumentalisée par des groupes qui entendent renforcer leur identité de manière polémique, en alimentant des particularismes, des oppositions, des attitudes d’exclusion. Tout cela ne répond pas à l’esprit chrétien de la piété populaire et appelle chacun, en particulier les pasteurs, à la vigilance, au discernement et à la promotion d’une attention constante aux formes populaires de la vie religieuse.

Lorsque la piété populaire réussit à communiquer la foi chrétienne et les valeurs culturelles d’un peuple, unissant les cœurs et fusionnant une communauté, un fruit important naît qui rejaillit sur l’ensemble de la société comme sur les relations entre les institutions politiques, sociales et civiles, et l’Église.

La foi ne reste pas un fait privé, nous devons nous méfier de ce développement, je dirais hérétique, de la privatisation de la foi ; les cœurs s’amalgament et vont de l’avant…, un fait qui s’épuise dans le sanctuaire de la conscience, mais – si elle entend être pleinement fidèle à elle-même – elle implique un engagement et un témoignage envers tous pour la croissance humaine, le progrès social et la protection de toute la création, sous le signe de la charité.

C’est justement pour cette raison qu’à partir de la profession de la foi chrétienne et de la vie communautaire, animée par l’Évangile et les sacrements, d’innombrables œuvres de solidarité et institutions ont vu le jour au cours des siècles comme les hôpitaux, les écoles, les centres de soins – en France, il y en a beaucoup ! – où les croyants se sont engagés auprès des plus démunis et ont contribué à la croissance du bien commun.

La piété populaire, les processions et les rogations, les activités caritatives des confréries, la prière communautaire du Saint Rosaire et d’autres formes de dévotion peuvent nourrir cette, permettez-moi de la qualifier ainsi, “citoyenneté constructive” des chrétiens. La piété populaire vous donne une « citoyenneté  constructive » !

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Parfois, certains intellectuels, certains théologiens ne comprennent pas cela. Je me souviens d’être allé une semaine dans le nord de l’Argentine, à Salta, où a lieu la fête du Señor de los Milagros, le Seigneur des miracles. Toute la province, toute, converge vers le sanctuaire, et tous se confessent, depuis le maire jusqu’à tout le monde, parce qu’ils ont cette piété en eux.

J’allais toujours confesser, et c’était un travail difficile, parce que tous les gens se confessaient. Et un jour, en sortant, j’ai trouvé un prêtre que je connaissais : “Ah, vous êtes là, comment allez-vous ?” – “Bien !”… Et comme nous sortions, à ce moment-là, une dame s’est approchée avec des images de saints à la main et a dit au prêtre, un bon théologien : “Mon Père, voulez-vous les bénir ?”. Le prêtre, avec une grande théologie, lui dit : “Mais, madame, avez-vous participé à la messe ?”. – “Oui, padrecito” – “Et savez-vous qu’à la fin de la messe on béni tout ?” – “Oui, padrecito” – “Et savez-vous que la bénédiction de Dieu vient de vous ?” – “Oui, padrecito”. À ce moment-là, un autre prêtre l’a appelé : “Oh, comment vas-tu ?”. Et la dame qui avait dit tant de fois “oui, padrecito” se tourna vers celui-là : “Mon Père, voulez-vous me les bénir ?”. Il y a une complicité, une saine complicité qui cherche la bénédiction du Seigneur et qui n’accepte pas les généralisations.

En même temps, sur le terrain commun de cette audace de faire le bien, de demander la bénédiction, les croyants peuvent se retrouver sur un chemin commun avec les institutions laïques, civiles et politiques, pour travailler ensemble à la croissance humaine intégrale et à la sauvegarde de cette “île de beauté”.

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D’où la nécessité de développer un concept de laïcité qui ne soit pas statique et figé, mais évolutif et dynamique, capable de s’adapter à des situations différentes ou imprévues, et de promouvoir une coopération constante entre les autorités civiles et ecclésiastiques pour le bien de l’ensemble de la communauté, chacune restant dans les limites de ses compétences et de son espace.

Benoît XVI l’a affirmé : une saine laïcité signifie « libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux. […] Une telle saine laïcité garantit à la politique d’opérer sans instrumentaliser la religion, et à la religion de vivre librement sans s’alourdir du politique dicté par l’intérêt, et quelquefois peu conforme, voire même contraire, à la croyance. C’est pourquoi la saine laïcité (unité-distinction) est nécessaire, et même indispensable aux deux » (Exhort. ap. postsyn. Ecclesia in Medio Oriente, n.29). C’est ce qu’a dit Benoît XVI: une saine laïcité, mais à côté d’une religiosité. Les domaines sont respectés.

De cette manière, plus d’énergie et plus de synergies peuvent être libérées, sans préjugés et sans opposition de principe, dans le cadre d’un dialogue ouvert, franc et fructueux.

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Chères sœurs et frères, la piété populaire, très profondément enracinée ici en Corse, et ce n’est pas de la superstition, fait émerger les valeurs de la foi et exprime en même temps le visage, l’histoire et la culture des peuples. C’est dans cet entrelacement, sans confusions, que se noue le constant dialogue entre le monde religieux et le monde laïc, entre l’Église et les institutions civiles et politiques.

Sur ce sujet, vous êtes en route depuis longtemps, c’est votre tradition, et vous êtes un exemple vertueux en Europe. Continuez sur cette voie! Et je voudrais encourager les jeunes à s’engager encore plus activement dans la vie socioculturelle et politique, sous l’impulsion des idéaux les plus sains et de la passion pour le bien commun.

De même, j’exhorte les pasteurs et les fidèles, les hommes politiques et ceux qui exercent des responsabilités publiques à rester toujours proches des peuples, en écoutant les besoins, en comprenant les souffrances, en interprétant les espoirs, parce que toute autorité ne grandit que dans la proximité.

Les pasteurs doivent avoir cette proximité : proximité avec Dieu, proximité avec les autres pasteurs, proximité avec les prêtres, proximité avec les peuples, qui sont si proche. Ce sont les vrais pasteurs. Mais le pasteur qui n’a pas cette proximité, pas même avec l’histoire et la culture, est simplement “Monsieur l’Abbé”. Ce n’est pas un pasteur. Il faut distinguer ces deux manières de faire de la pastorale

Je souhaite que ce Colloque sur la piété populaire vous aide à redécouvrir les racines de votre foi et vous incite à un engagement renouvelé dans l’Église et dans la société civile, au service de l’Évangile et du bien commun de tous les citoyens.

Que Marie, Mère de l’Église, vous accompagne et vous assiste sur votre chemin. Merci beaucoup !


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Attendre le Christ avec joie – Pape François

Attendre le Christ avec joie – Pape François

Point culminant du voyage du Pape François en Corse, la messe célébrée ce dimanche après-midi sur la place U Casone d’Ajaccio a rassemblé plusieurs milliers de fidèles. En ce troisième dimanche de l’Avent, le dimanche  de «gaudete», la joie, le Saint-Père s’est attardé sur deux types d’attente du Messie, l’une suspicieuse, l’autre joyeuse.

 

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS À AJACCIO
A L’OCCASION DU CONGRÈS « LA RELIGIOSITÉ POPULAIRE EN MÉDITERRANÉE »

SAINTE MESSE

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

« Place d’Austerlitz » (« U Casone ») – Ajaccio
dimanche 15 décembre 2024

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Les gens demandent à Jean-Baptiste : « Que ferons-nous ? » (Luc 3:10). Que devons-nous faire ? C’est une question à écouter attentivement, car elle exprime le désir de renouveler la vie, de la changer pour le mieux. Jean annonce l’arrivée du Messie tant attendu : ceux qui écoutent la prédication de Baptiste veulent se préparer à cette rencontre, la rencontre avec le Messie, la rencontre avec Jésus.

L’Évangile selon Luc témoigne que ce sont précisément ceux qui sont les plus éloignés qui expriment ce désir de conversion : non pas ceux qui semblaient socialement les plus proches, non pas les pharisiens et les docteurs de la loi, mais ceux qui sont loin, les publicains, qui étaient considérés comme des pécheurs, et les soldats demandent : «Maître, que devons-nous faire ?» (Luc 3:12).

C’est une bonne question, que peut-être aujourd’hui, avant de se coucher, chacun de nous peut dire comme une prière : « Seigneur, que dois-je faire pour préparer mon cœur à Noël ? Ceux qui se considèrent justes ne se renouvellent pas. Ceux qui étaient considérés comme des pécheurs publics souhaitent cependant abandonner leur conduite malhonnête et violente pour mener une nouvelle vie.

Et ceux qui sont loin deviennent proches lorsque le Christ s’approche de nous. Jean, en effet, répond ainsi aux collecteurs d’impôts et aux soldats : pratiquez la justice ; soyez droit et honnête (voir Luc 3 : 13-14). En impliquant spécialement les plus petits et les exclus, l’annonce du Seigneur éveille les consciences, car il vient pour sauver et non pour condamner les perdus (voir Luc 15, 4-32).

Et le mieux que nous puissions faire pour être sauvés et recherchés par Jésus est de dire la vérité sur nous-mêmes : « Seigneur, je suis un pécheur ». Nous sommes tous, ici, tout le monde. « Seigneur, je suis un pécheur. » C’est pourquoi nous approchons Jésus avec la vérité, et non avec l’apparence d’une fausse justice. Parce qu’il vient sauver les pécheurs.

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Et c’est pour cela que nous faisons nôtre aujourd’hui encore la question que les foules ont posée à Jean-Baptiste. Pendant ce temps de l’Avent, nous trouvons le courage de demander, sans crainte : « que dois-je faire ? », « que devons-nous faire ? ». Demandons-le avec sincérité, pour préparer un cœur humble, un cœur confiant au Seigneur qui vient.

Les Écritures que nous avons entendues nous donnent deux manières d’attendre le Messie : l’attente méfiante et l’attente joyeuse. Vous pouvez attendre le salut avec ces deux attitudes : l’attente méfiante et l’attente joyeuse. Réfléchissons à ces attitudes spirituelles.

La première façon d’attendre, celle qui est suspecte, est pleine de méfiance et d’anxiété. Ceux dont l’esprit est occupé par des pensées égocentriques perdent la joie de leur âme : au lieu de regarder avec espoir, ils doutent de l’avenir. Tout occupé par des projets mondains, il n’attend pas l’œuvre de la Providence. Il ne sait pas attendre avec l’espérance que nous donne le Saint-Esprit.

Et puis les paroles de saint Paul nous arrivent comme une bénédiction, nous sortant de cette torpeur : « Ne vous inquiétez de rien » (Phil 4, 6). Quand l’angoisse nous prend, elle nous ruine toujours. La douleur est une chose, la douleur physique, la douleur morale due à une calamité familiale… ; une autre chose est l’angoisse. Les chrétiens n’ont pas à vivre dans l’angoisse.

Ne soyez pas affligé, déçu, triste. Comme ces maux spirituels sont répandus aujourd’hui, surtout là où le consumérisme sévit ! Ces derniers jours, à Rome, dans les rues, j’ai vu tant de gens faire du shopping, faire du shopping, avec l’angoisse du consumérisme, qui ensuite s’évanouit et ne laisse rien.

Une telle société qui vit du consumérisme vieillit insatisfaite, car elle ne sait pas donner : celui qui vit pour lui-même ne sera jamais heureux. Quiconque vit ainsi [main fermée] et ne fait pas ainsi [main ouverte] n’est pas content.

Celui qui a des mains comme celle-ci [main fermée], pour moi, et qui n’a pas les mains pour donner, pour aider, pour partager, ne sera jamais heureux. Et c’est un mal que nous pouvons tous avoir, tous les chrétiens, nous aussi, les prêtres, les évêques, les cardinaux, tout le monde, même le Pape.

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L’Apôtre nous offre cependant un remède efficace lorsqu’il écrit : « En toute circonstance, faites connaître vos demandes à Dieu par des prières, des supplications et des actions de grâces » (Phil 4, 6). La foi en Dieu donne de l’espoir ! Précisément ces derniers jours, lors du Congrès qui s’est déroulé ici à Ajaccio, il a été souligné combien il est important de cultiver la foi, en valorisant le rôle de la piété populaire.

Pensons à la prière du Rosaire : si elle est redécouverte et bien pratiquée, elle nous apprend à garder notre cœur centré sur Jésus-Christ, avec le regard contemplatif de Marie. Et pensons aux confréries, qui peuvent éduquer au service gratuit des autres, tant spirituel que corporel.

Ces associations de fidèles, si riches en histoire, participent activement à la liturgie et à la prière de l’Église, qu’elles agrémentent des chants et des dévotions du peuple. Et je recommande aux membres des fraternités de toujours se rapprocher les uns des autres avec disponibilité, spécialement envers les plus fragiles, en rendant active la foi dans la charité. Et cette fraternité qui a une dévotion particulière doit être proche de tous, proche des autres pour les aider.

Et de là nous arrivons à la deuxième attitude : l’attente joyeuse. La première attitude a été l’attente suspecte, cette attente qui est « pour moi » avec les mains qui se ferment. La deuxième attitude est une attente joyeuse. Et ce n’est pas facile d’avoir de la joie. La joie chrétienne n’est pas du tout insouciante, superficielle, une joie de carnaval. Non, ce n’est pas comme ça.

C’est plutôt une joie du cœur, fondée sur un fondement très solide, que le prophète Sophonie, s’adressant au peuple, exprime ainsi : réjouissez-vous, car « l’Éternel, votre Dieu, est un puissant Sauveur parmi vous » (Sophonie 3, 17). Faites confiance au Seigneur qui est parmi nous, est parmi nous.

Bien souvent, nous ne nous en souvenons pas : c’est parmi nous, lorsque nous faisons du bon travail, lorsque nous éduquons nos enfants, lorsque nous nous occupons des personnes âgées. Au lieu de cela, il n’est pas parmi nous lorsque nous bavardons, dénigrant toujours les autres. Le Seigneur n’est pas là, il n’y a que nous. La venue du Seigneur nous apporte le salut : elle est donc un motif de joie.

Dieu est « puissant », dit l’Écriture : Il peut racheter nos vies parce qu’il est capable d’accomplir ce qu’il dit ! Notre joie n’est donc pas une consolation illusoire pour nous faire oublier la tristesse de la vie. Non, ce n’est pas une consolation illusoire. Notre joie est le fruit de l’Esprit Saint par la foi au Christ Sauveur, qui frappe notre cœur en le libérant de la tristesse et de l’ennui.

Ainsi l’avènement du Seigneur devient une célébration pleine d’avenir pour tous les peuples : en compagnie de Jésus nous découvrons la vraie joie de vivre et de donner les signes d’espérance que le monde attend.

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Et le premier de ces signes d’espoir est la paix. Celui qui vient, c’est Emmanuel, Dieu avec nous, qui donne la paix aux hommes aimés du Seigneur (voir Luc 2, 14). Et tandis que nous nous préparons à l’accueillir, en ce temps de l’Avent, que nos communautés grandissent dans la capacité d’accompagner tous, en particulier les jeunes, sur leur chemin vers le Baptême et les sacrements ; et d’une manière particulière aussi les personnes âgées, les personnes âgées.

Les anciens sont la sagesse d’un peuple. Ne l’oublions pas ! Et chacun de nous peut penser : comment me comporter devant les personnes âgées ? Dois-je aller les chercher ? Est-ce que je perds mon temps avec eux ? Est-ce que je les écoute ? « Oh non, ils sont ennuyeux avec leurs histoires ! ». Est-ce que je les abandonne ? Combien d’enfants abandonnent leurs parents dans les maisons de retraite.

Je me souviens qu’une fois, dans l’autre diocèse, je suis allé dans une maison de retraite pour rendre visite aux gens. Et il y avait une dame qui avait trois ou quatre enfants. J’ai demandé : « Et comment vont vos enfants ? – « Ils sont superbes ! J’ai beaucoup de petits-enfants » – « Et viennent-ils lui rendre visite ? – « Oui, ils viennent toujours. »

Quand je suis parti, l’infirmière m’a dit : « Ils viennent une fois par an ». Mais la mère cachait les défauts de ses enfants. Beaucoup laissent les personnes âgées tranquilles. Ils envoient leurs vœux de Noël ou de Pâques par téléphone ! Prenez soin des vieux, qui sont la sagesse d’un peuple !

Et pensons aux jeunes en route vers le Baptême et les Sacrements. En Corse, Dieu merci, il y en a beaucoup ! Et félicitations ! Je n’ai jamais vu autant d’enfants qu’ici ! C’est une grâce de Dieu ! Et je n’ai vu que deux petits chiens. Chers frères, ayez des enfants, ayez des enfants qui seront votre joie, votre consolation dans l’avenir.

C’est la vérité : je n’ai jamais vu autant d’enfants. Il n’y a qu’au Timor-Leste qu’il y en a beaucoup, mais pas autant dans les autres villes. C’est votre joie et votre gloire. Frères et sœurs, malheureusement nous savons bien que les grandes causes de douleur parmi les nations ne manquent pas : la pauvreté, les guerres, la corruption, la violence.

Je vais vous dire une chose : parfois, aux audiences viennent des enfants ukrainiens qui ont été amenés ici à cause de la guerre. Tu sais quoi ? Ces enfants ne sourient pas ! Ils ont oublié le sourire. S’il vous plaît, pensons à ces enfants sur les terres de guerre, à la douleur de tant d’enfants.

Cependant, la Parole de Dieu nous encourage toujours. Et face à la dévastation qui opprime le peuple, l’Église annonce une certaine espérance, qui ne déçoit pas, car le Seigneur vient vivre parmi nous. Ainsi, notre engagement en faveur de la paix et de la justice trouve dans sa venue une force inépuisable.

Sœurs et frères, à chaque moment et dans chaque tribulation, le Christ est présent, le Christ est la source de notre joie. Il est avec nous dans la tribulation pour nous faire avancer et nous donner de la joie. Gardons toujours cette joie dans nos cœurs, cette certitude que le Christ est avec nous, marche avec nous.

Ne l’oublions pas ! Et donc avec cette joie, avec cette certitude que Jésus est avec nous, nous serons heureux et rendrons les autres heureux. Cela doit être notre témoignage.

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Remerciements finals à la fin de la messe

Je remercie le Cardinal Bustillo pour ses paroles et pour toute cette journée où je me suis senti chez moi ! Merci à tous ceux qui ont préparé de diverses manières cette visite, à la communauté ecclésiale et à la communauté civile. Avancer en harmonie, dans une distinction qui n’est pas séparation, en collaborant toujours pour le bien commun. Je voudrais également saluer un cardinal corse, qui est parmi nous aujourd’hui, le Card. Mamberti.

Je salue et bénis les malades, les personnes âgées seules, les prisonniers. Que Madunnuccia apporte réconfort et espoir à ceux qui souffrent. Soyez proche des personnes âgées, des malades, des personnes seules. Fermer avec le cœur, fermer avec les gestes, fermer avec l’aide.

Frères et sœurs, que l’Évangile de Jésus-Christ vous aide à avoir le cœur ouvert sur le monde : vos traditions sont une richesse à préserver et à cultiver, mais à ne pas vous isoler, jamais. En avant avec vos traditions, toujours pour la rencontre et le partage.

Merci à tous ! Bon voyage vers le Saint Noël ! Merci.


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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS À AJACCIO

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS À AJACCIO

A L’OCCASION DU CONGRÈS « LA RELIGIOSITÉ POPULAIRE EN MÉDITERRANÉE »

PRIÈRE DE L’ANGÉLUS AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES,
HOMMES ET FEMMES CONSACRÉS ET SÉMINARISTES

DISCOURS DU SAINT-PÈRE

Cathédrale Santa Maria Assunta – Ajaccio
dimanche 15 décembre 2024

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Chers frères évêques,
chères femmes consacrées, chers prêtres, diacres, consacrés et séminaristes !

Je ne suis dans ce beau pays que pour une journée, mais j’aurais aimé avoir au moins un bref moment pour vous rencontrer et vous saluer. Cela me donne l’occasion tout d’abord de vous dire merci : merci d’être ici, avec votre vie donnée ; merci pour votre travail, pour votre engagement quotidien ; merci parce que vous êtes signe de l’amour miséricordieux de Dieu et témoins de l’Évangile.

J’étais heureux lorsque j’ai pu saluer l’un de vous : il a 95 ans et 70 ans de sacerdoce ! Et cela perpétue cette belle vocation. Merci mon frère pour ton témoignage ! Merci beaucoup!

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Et du « merci », je passe immédiatement à la grâce de Dieu, qui est le fondement de la foi chrétienne et de toute forme de consécration dans l’Église. Dans le contexte européen dans lequel nous nous trouvons, les problèmes et les défis qui concernent la transmission de la foi ne manquent pas, et chaque jour vous y faites face, en vous découvrant petits et fragiles : vous n’êtes pas très nombreux, vous.

Si vous ne disposez pas de moyens puissants, les milieux dans lesquels vous évoluez sont favorables à l’accueil de l’annonce de l’Évangile. Et parfois, un film me vient à l’esprit, car certains sont prêts à accepter l’Évangile, mais pas le « porte-parole ». Ce film avait cette phrase : « La musique oui, mais le musicien non ». Pensez-y, la fidélité à la transmission de l’Évangile.

Cela nous aidera. Pourtant cette pauvreté sacerdotale, je voudrais le dire, est une bénédiction ! Pourquoi? Cela nous enlève la prétention de pouvoir le faire seuls, cela nous apprend à considérer la mission chrétienne comme quelque chose qui ne dépend pas des forces humaines, mais surtout de l’œuvre du Seigneur, qui travaille et agit toujours avec les petits nous pouvons lui offrir.

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Ne l’oublions pas : le Seigneur est au centre. Pas moi au centre, mais Dieu. Ici, pour un prêtre présomptueux qui se met au centre, nous disons : c’est un prêtre yo, moi, mí, conmigo, para mí. Je, moi, avec moi, pour moi. Non, le Seigneur est au centre.

Et c’est quelque chose que peut-être chaque matin, au lever du soleil, chaque pasteur, chaque personne consacrée devrait répéter dans la prière : aujourd’hui encore, dans mon service, ce n’est pas moi qui est au centre, mais Dieu, le Seigneur.

Et je dis cela parce qu’il y a un danger dans la mondanité, un danger qui est la vanité. Être un « paon ». Vous regardez trop vous-même. Vanité. Et la vanité est un mauvais vice, avec une mauvaise odeur. Être un paon.

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La primauté de la grâce divine ne signifie pas pour autant que nous pouvons dormir paisiblement sans assumer nos responsabilités. Au contraire, nous devons nous considérer comme « collaborateurs de la grâce de Dieu » (voir 1 Co 3, 9). Ainsi, en marchant avec le Seigneur, nous sommes chaque jour ramenés à une question essentielle : comment est-ce que je vis mon sacerdoce, ma consécration, mon statut de disciple ? Suis-je proche de Jésus ?

Lorsque, dans l’autre diocèse, j’ai fait des visites pastorales, j’ai rencontré de bons prêtres qui travaillaient très, très dur. « Dis-moi, et comment vas-tu le soir? » – « Je suis fatigué, je vais manger un morceau et ensuite je vais me coucher pour me reposer un peu et regarder la télévision » – « Mais tu ne passes pas à la chapelle pour saluer ton patron ? – « Oh non… » – « Et tu fais ça avant de t’endormir, est-ce que tu pries un Je vous salue Marie ?

Soyez au moins poli : passez à la chapelle et dites : Au revoir, merci beaucoup, à demain. N’oubliez pas le Seigneur ! Le Seigneur au début, au milieu et à la fin de la journée. Il est notre patron. Et c’est un Boss qui travaille plus dur que nous ! N’oubliez pas cela.

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Et je vous pose cette question : comment vivre comme disciple ? Fixez-le dans votre cœur, ne le sous-estimez pas, et ne sous-estimez pas la nécessité de ce discernement, de ce regard intérieur, afin que nous ne nous enfoncions pas dans les rythmes et les activités externes et que nous ne perdions pas notre cohérence interne. Pour ma part, je voudrais vous laisser avec une double invitation : prenez soin de vous et prenez soin des autres.

La première : prenez soin de vous. Parce que la vie sacerdotale ou religieuse n’est pas un « oui » que l’on aurait prononcé une fois pour toutes. Vous ne vivez pas de revenus avec le Seigneur ! Au contraire, chaque jour la joie de le rencontrer doit être renouvelée, à chaque instant il faut réécouter sa voix et décider de le suivre, même dans les moments d’échec. Levez-vous, un regard vers le Seigneur : « Excusez-moi, aide-moi à avancer ». Cette proximité fraternelle et filiale.

Rappelons-nous ceci : notre vie s’exprime dans l’offrande de nous-mêmes, mais plus un prêtre, une religieuse ou un religieux se donne, se dépense, travaille pour le Royaume de Dieu, plus il leur devient nécessaire de prends soin d’eux aussi. Un prêtre, une religieuse, un diacre qui se néglige, finira aussi par négliger ceux qui lui sont confiés.

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Pour cela, nous avons besoin d’une petite « règle de vie » – les religieux l’ont déjà – qui comprend le rendez-vous quotidien avec la prière et l’Eucharistie, le dialogue avec le Seigneur, chacun selon sa spiritualité et son style.

Et je voudrais aussi ajouter : gardez quelques moments de solitude ; avoir un frère ou une sœur avec qui nous pouvons partager librement ce que nous portons dans notre cœur – autrefois appelé le directeur spirituel – ; cultiver quelque chose qui nous passionne, et non pas pour passer notre temps libre, mais pour nous reposer sainement de la fatigue du ministère.

Le ministère est fatiguant ! Il y a lieu d’avoir peur de ces gens qui sont toujours actifs, toujours au centre, qui peut-être par trop de zèle ne se reposent jamais, ne font jamais de pause pour eux-mêmes.

Frères, ce n’est pas bien, il faut des espaces et des moments où chaque prêtre et chaque personne consacrée prend soin de lui-même. Et ne pas faire un lifting pour paraître plus belle, non, parler à l’Ami, avec le Seigneur, et surtout avec la Mère – ne quittez pas Notre-Dame, s’il vous plaît -, parler de sa vie, de la façon dont les choses se passent .

Et pour cette raison, ayez toujours un confesseur et un ami qui vous connaît bien et avec qui vous pouvez parler et faire un bon discernement. Les « champignons presbytéraux » ne sont pas bons !

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Et une autre chose fait partie de ce soin : la fraternité entre vous. Apprenons à partager non seulement les difficultés et les défis, mais aussi la joie et l’amitié entre nous : votre Evêque dit quelque chose qui me plaît beaucoup, c’est qu’il est important de passer du « Livre des Lamentations » au « Livre du Cantique des Cantiques ». Nous ne faisons pas grand-chose. Nous aimons les plaintes !

Et si le pauvre Évêque oubliait sa calotte ce matin-là : « Mais regardez l’Évêque… ». On prend quelque chose pour dire du mal de l’évêque. C’est vrai, l’Évêque est un pécheur comme chacun de nous. Nous sommes frères ! Passage du « Livre des Lamentations » au « Livre du Cantique des Cantiques ». C’est important, un Psaume le dit aussi : « Tu as changé ma plainte en danse » (Ps 30, 12).

Partageons la joie d’être apôtres et disciples du Seigneur ! Une joie doit être partagée. Sinon, la place que devrait prendre la joie sera occupée par le vinaigre. C’est une mauvaise chose de trouver un prêtre au cœur amer. C’est mauvais. « Mais pourquoi es-tu comme ça? » – « Eh, parce que l’évêque ne m’aime pas… Parce qu’ils ont nommé cet autre type comme évêque et pas moi… Parce que… Parce que… ». Les plaintes.

S’il vous plaît, arrêtez-vous devant les plaintes et l’envie. L’envie est un vice « jaune ». Nous demandons au Seigneur de changer notre lamentation en danse, de nous donner le sens de l’humour, la simplicité évangélique.

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La deuxième chose : prendre soin des autres. La mission que chacun de vous a reçue n’a toujours qu’un seul but : apporter Jésus aux autres, donner aux cœurs la consolation de l’Évangile. J’aime me souvenir du moment où l’apôtre Paul s’apprête à retourner à Corinthe et écrit à la communauté: « Je me dépenserai volontiers pour moi-même, je me dépenserai même pour vos âmes » (2Cor 12,15). ).

Se consumer pour les âmes, se consumer dans l’offrande de soi pour ceux qui nous ont été confiés. Et je me souviens d’un saint jeune prêtre décédé il n’y a pas longtemps d’un cancer. Il vivait dans un bidonville avec les gens les plus pauvres. Il a déclaré : « Parfois, j’ai envie de fermer la fenêtre avec des briques, parce que les gens viennent à tout moment et si je ne réponds pas à la porte, ils frappent à la fenêtre. » Le prêtre au cœur ouvert à tous, sans faire de distinctions.

Écouter, être proche des gens, est aussi une invitation à trouver, dans le contexte actuel, les voies pastorales les plus efficaces pour l’évangélisation. N’ayez pas peur de changer, de revoir les anciens schémas, de renouveler les langages de la foi, en apprenant que la mission n’est pas une question de stratégies humaines : c’est avant tout une question de foi.

Prenez soin des autres : de ceux qui attendent la Parole de Jésus, de ceux qui se sont éloignés de Lui, de ceux qui ont besoin de conseils ou de consolation pour leurs souffrances. Prendre soin de chacun, en formation et surtout en réunion. Rencontrer les gens, là où ils vivent et travaillent, c’est important.

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Et puis, quelque chose qui m’est très cher : s’il vous plaît, pardonnez toujours. Et pardonne tout. Pardonnez tout et toujours. Je dis aux prêtres, dans le sacrement de la Réconciliation, de ne pas poser trop de questions. Écoutez et pardonnez.

Un cardinal – qui est un peu conservateur, un peu carré, mais c’est un grand prêtre – a déclaré lors d’une conférence avec des prêtres : « Si quelqu’un [en confession] commence à bégayer parce qu’il a honte, je lui dis : ce n’est pas grave. , je comprends, passe à autre chose.

En réalité, je n’ai rien compris, mais Lui [le Seigneur] a compris. » S’il vous plaît, ne torturez pas les gens au confessionnal : où, comment, quand, avec qui… Pardonnez toujours, pardonnez toujours ! Il y a un bon frère capucin à Buenos Aires, que j’ai fait cardinal à 96 ans. Il a toujours une longue file de monde, parce que c’est un bon confesseur, je suis aussi allé le voir.

Ce confesseur m’a dit un jour : « Écoute, parfois j’ai le scrupule de trop pardonner » – « Et tu fais quoi ? – « Je vais prier et je dis : Seigneur, excuse-moi, j’ai trop pardonné. Mais j’ai tout de suite envie de lui dire : Mais c’est toi qui m’as donné un mauvais exemple ! ». Pardonnez toujours. Pardonnez tout.

Et je dis aussi ceci aux religieux et aux religieuses : pardonnez, oubliez, quand ils nous font du mal, la communauté ambitieuse se bat… Pardonnez. Le Seigneur nous a donné l’exemple : pardonne tout et toujours ! Tout le monde, tout le monde, tout le monde.

Et je vais vous confier un secret : j’ai déjà 55 ans de sacerdoce, oui, avant-hier j’ai eu 55 ans, et je n’ai jamais nié une absolution. Et j’aime beaucoup l’avouer. J’ai toujours cherché des moyens de pardonner. Je ne sais pas si c’est bien, si le Seigneur me le donnera… Mais ceci est mon témoignage.

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Chères sœurs et chers frères et sœurs, je vous remercie du fond du cœur et vous souhaite un ministère plein d’espérance et de joie. Même dans les moments de fatigue et de découragement, ne vous laissez pas aller. Ramenez votre cœur au Seigneur.

Vous n’avez pas oublié de pleurer devant le Seigneur ! Il se manifeste et se fait retrouver si vous prenez soin de vous et des autres. Il offre ainsi une consolation à ceux qu’il a appelés et envoyés. Avancez avec courage : cela vous remplira de joie !

Nous nous tournons maintenant vers la Vierge Marie en prière. Dans cette Cathédrale, nommée d’après son Assomption au Ciel, les fidèles la vénèrent comme Patronne et Mère de Miséricorde, la « Madunnuccia ». De cette île méditerranéenne, nous lui adressons la supplication pour la paix : paix pour toutes les terres qui surplombent cette mer, en particulier pour la Terre Sainte où Marie a donné naissance à Jésus.

Paix pour la Palestine, pour Israël, pour le Liban, pour la Syrie. tout le Moyen-Orient ! Paix dans un Myanmar tourmenté. Et que la Sainte Mère de Dieu obtienne la paix tant attendue pour le peuple ukrainien et le peuple russe.

Ce sont des frères – « Non, père, ils sont cousins ​​! » – Ce sont des cousins, des frères, je ne sais pas, mais entendons-nous bien ! Paix! Frères et sœurs, la guerre est toujours une défaite. Et la guerre dans les communautés religieuses, la guerre dans les paroisses est toujours une défaite, toujours ! Que le Seigneur nous donne la paix à tous.

Et nous prions pour les victimes du cyclone qui a frappé l’archipel de Mayotte ces dernières heures. Je suis spirituellement proche de ceux qui ont été touchés par cette tragédie.

Et maintenant tous ensemble, prions l’Angélus

Angélus Domini nuntiavit Mariae


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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

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