cadre exceptionnel pour grand temps fort

28-07-2013 source Radio Vatican

Une longue bande de 4 km de sable fin coincée entre l’Océan Atlantique et l’avenue du front de mer bordée d’hôtel. C’est la mythique plage de Copacabana sur laquelle dès la tombée de la nuit une foule compacte de jeunes étaient prêts pour retrouver le Pape qu’ils avaient accueilli ici même jeudi dernier. Scènes identiques de bandières et de drapeaux des pays du monde entier au vent, de chants et de prières dans les langues des cinq continents. Les groupes d’argentins et de brésiliens, d’autrichiens et d’irakiens, de canadiens et de français ont continuer d’affluer jusqu’au dernier moment pour rejoindre ceux qui les avaient précédé sur la plage parsemée de duvets et sur laquelle étaient déjà érigées des tentes. Une nuit de veille et de prières les attendaient au rythme du bruit des vagues de l’océan. Ils ont avant cela accueilli le Pape avec l’enthousiasme et la joie qui caractérise chacune de ses apparitions, confirmant le lien spécial qui s’est déjà instauré entre le Pape et la jeunesse. Il s’est adressé à elle dans un discours simple et direct, dialoguant avec elle, l’interpellant et étant régulièrement interrompu par des applaudissements.
Le Pape appelle les jeunes à construire l’Église pour construire un monde meilleur
Le Pape François a appelé la jeunesse à donner sa contribution à la vie de l’Église, à se mettre à son service en l’aimant et en travaillant, pour qu’en elle reflète toujours davantage le Visage du Christ. Si les jeunes ont besoin de l’Église en cette période de crise profonde, rappelle le Pape François, l’Église à surtout besoin des jeunes. Elle appelle chaque jeune à être missionnaire. Comment ? le Pape a utilisé une triple image, du champ lieu dans lequel on sème, celle du champ comme lieu d’entraînement, et celle du champ comme chantier.
Le champ lieu dans lequel on sème
La première fait évidemment référence à la parabole de Jésus qui parle d’un semeur parti jeter les semences dans son champ. Celui de la foi est « le cœur de chacun de vous, c’est votre vie, a déclaré le Pape, c’est dans votre vie que Jésus demande d’entrer avec sa Parole, avec sa présence. S’il vous plaît, laissez le Christ et sa Parole entrer dans votre vie, germer et grandir ! » Et cela malgré les attraits superficiels qui détournent et étourdissent, malgré l’inconstance qui peuvent être des obstacles pour la jeunesse. Le Pape François a délivré un message de confiance à ceux qui l’écoutaient.
« Je suis certain que la semence tombe dans la bonne terre, que vous voulez être un bon terrain, non pas des chrétiens part-time, « empesés », de façade, mais des chrétiens authentiques. Je suis certain que vous ne voulez pas vivre dans l’illusion d’une liberté qui se laisse entraîner par les modes et les convenances du moment. Je sais que vous visez haut, vous voulez faire des choix définitifs qui donnent plein sens à la vie. Jésus est capable de vous offrir cela. Il est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). »
Le champ comme lieu d’entraînement.
Grand amateur de football, le Pape a utilisé la métaphore du sport pour toucher les jeunes. « Jésus nous demande de le suivre toute la vie, il nous demande d’être ses disciples, de jouer dans son équipe » leur a-t-il dit. Comme un joueur qui doit s’entrainer lorsqu’il fait partie d’une équipe de football, le jeune chrétien doit s’entrainer spirituellement pour mener une vie de disciple du Seigneur.
« Jésus demande de nous entraîner pour « être en forme », pour affronter sans peur toutes les situations de la vie, en témoignant de notre foi. Comment ? Par le dialogue avec lui : la prière, qui est le colloque quotidien avec Dieu qui toujours nous écoute. Par les sacrements, qui font grandir en nous sa présence et nous configurent au Christ. Par l’amour fraternel, par l’écoute, la compréhension, le pardon, l’accueil, l’aide de l’autre, de toute personne, sans exclure, sans mettre en marge. Chers jeunes, soyez de vrais athlètes du Christ »
Le champ comme chantier
Alors que la solitude frappe de nombreux jeunes le Pape a insisté sur l’amour fraternel qui unit les chrétiens. L’Église est une famille dans laquelle le fidèle ne sent jamais seul en parcourant avec ses frères et sœurs le même chemin. Mais il faut la construire sans relâche a-t-il demandé à l’assistance
« L’Église de Jésus nous sommes, nous, les pierres vivantes, et Jésus nous demande de construire son Église ; et non pas comme une petite chapelle qui ne peut contenir qu’un petit groupe de personnes. Il nous demande que son Église vivante soit grande au point de pouvoir accueillir l’humanité entière, qu’elle soit la maison de tous ! Il dit à toi, à moi, à chacun : « allez, et de tous les peuples faites des disciples »
Un monde meilleur est possible,a lancé le Pape à la jeunesse. A elle de construire une civilisation plus juste et fraternelle. Demeure cependant la question : par où commencer ? Quels critères pour la construction d’une société plus juste ? Quand on demandait à Mère Teresa de Calcutta qu’est-ce qui devait changer dans l’Église, elle répondait : toi et moi !
Les jeunes ont pu alors se concentrer à un temps d’adoration eucharistique dans la nuit brésilienne. Ce dimanche, ils assisteront à la messe célébrée par le Pape sur les lieux même de la veillée des JMJ : la plage de Copacabana. Le maire de Rio, Eduardo Paes, a estimé que près de trois millions de personnes devraient participer à la messe de clôture des Journées mondiales de la jeunesse.« Je m’attends à ce que l’on batte le record d’affluence de l’histoire de la plage de Copacabana. Je pense qu’il y aura entre 2,5 et 3 millions de personnes », a déclaré le maire.

une Église simple et à l’écoute du monde

28-07-2013 source :  Radio Vatican

A l’archevêché de Rio, ce samedi midi (heure locale, 18 heures à Rome) le Pape François a déjeuné avec les cardinaux et évêques du Brésil. L’épiscopat brésilien est, en nombre, le plus important du monde avec 459 évêques et 9 cardinaux. Et c’est un discours fleuve à la mesure de l’immensité de ce pays que le pape François a préparé pour eux, un texte majeur qui mérite d’être approfondi. Vendredi soir, lors du chemin de Croix, le Souverain pontife avait dit comprendre les jeunes qui perdent la foi à cause des mauvais prêtres. Et ce samedi il a abordé de front et avec une grande lucidité l’hémorragie des catholiques qui quittent l’Église pour les mouvements ou les sectes ou parce qu’ils ont perdu la foi. Un problème particulièrement grave au Brésil.

L’Église au Brésil a reçu et appliqué avec originalité le Concile Vatican II.
Après avoir dépassé « certaines maladies infantiles », elle est aujourd’hui plus mûre, ouverte, généreuse, missionnaire. Mais aujourd’hui nous sommes à une période nouvelle – constate le pape – un changement d’époque. Des catholiques s’en vont, déçus, par qu’ils pensent que l’Église ne peut plus rien leur offrir de significatif. Peut-être l’Église est-elle apparue trop faible, trop éloignée de leurs inquiétudes, trop froide dans ses contacts, trop emportée elle-aussi par la frénésie de l’efficacité ; peut-être trop autoréférentielle, prisonnière de ses langages rigides ; peut-être le monde perçoit-il l’Église comme une survivance du passé, inadaptée aux questions nouvelles. Il faut donc réagir et le pape François encourage l’Église à ne pas avoir peur de sortir dans la nuit. Elle doit cesser de réduire le mystère qu’elle héberge en elle-même à une explication rationnelle ; chez les gens, au contraire, le mystère entre par le cœur. Le chemin de Dieu est le charme, l’attrait.
Le Pape François veut une Église qui réchauffe les coeurs
L’Église doit retrouver son humilité et surtout sa simplicité. Ses filets sont fragiles, peut-être raccommodés ; la barque de l’Église n’a pas la puissance des grands transatlantiques qui franchissent les océans, certes. Mais le résultat du travail pastoral – avertit le pape argentin – ne s’appuie pas sur la richesse des ressources, mais sur la créativité de l’amour. La ténacité, l’effort, le travail, la programmation, l’organisation servent certainement, mais la force de l’Église n’habite pas en elle-même, elle se cache dans les eaux profondes de Dieu. Parfois, nous perdons ceux qui ne nous comprennent pas parce que nous avons oublié la simplicité, important de l’extérieur une rationalité étrangère à nos gens. Aujourd’hui, il faut une Église qui se mette en chemin avec les personnes et réchauffe les cœurs. Une Église miséricordieuse capable de s’introduire dans un monde de blessés.
Et à noter que dans ce long discours, le pape n’a pas oublié les femmes : Ne réduisons pas leur engagement dans l’Église – a-t-il lancé – mais promouvons leur rôle actif dans la communauté ecclésiale. En perdant les femmes l’Église risque la stérilité.

Sortir de nos églises, aller à la rencontre

 27-07-2013 source : Radio Vatican

“Avec courage, pensons à la pastorale en partant de la périphérie, en partant de ceux qui sont plus éloignés, de ceux qui habituellement ne fréquentent pas la paroisse”. Un vœu exprimé par le Pape François dans l’homélie de la messe célébrée ce samedi matin à Rio, en la Cathédrale Sao Sebastiao, en présence d’un millier d’évêques des JMJ, et de milliers de prêtres, de religieux et de séminaristes, venus de tous les continents.
Demandant, à travers eux, au clergé du monde de « promouvoir une culture de la rencontre », le Pape a souligné que « dans la culture de l’exclusion et du rebut », il n’y a « pas de place pour la personne âgée, ni pour l’enfant non voulu, il n’y a pas de temps pour s’arrêter avec le pauvre sur le bord de la route. » « Parfois, a ajouté le Pape, on a l’impression que pour certains les rapports humains soient réglés par deux règles modernes : l’efficacité et le pragmatisme ». Le Pape demandait encore « d’être des artisans de la culture de la communion et de la rencontre ». Il insistait sur le fait que la rencontre et l’accueil de tous, la solidarité et la fraternité, sont les éléments qui rendent notre civilisation vraiment humaine.
Vous avez été appelés par Dieu
Mais aux évêques, aux prêtres et aux religieux, le Pape rappelait aussi qu’ils ont été appelés par Dieu, et que « ce n’est pas la créativité pastorale, ce ne sont pas les rencontres ou les planifications qui assurent les fruits, mais le fait d’être fidèles à Jésus ». D’où l’importance de le contempler, l’adorer et l’embrasser, en particulier à travers une fidélité à la vie de prière, dans une rencontre quotidienne avec lui présent dans l’Eucharistie et dans les personnes les plus nécessiteuses. Le Pape François citait alors quelques paroles de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta : « Nous devons être très fiers de notre vocation qui nous donne l’opportunité de servir le Christ dans les pauvres. »
Le devoir d’accompagner les jeunes
Le Pape François rappelait aussi à son auditoire leur devoir d’annoncer l’Évangile. Et vu qu’ils sont venus accompagner des groupes de jeunes des JMJ, il leur demandait d’accompagner ces jeunes dans leur désir de se faire des disciples missionnaires de Jésus. « Non pas au bout du monde, comme par exemple je le rêvais étant jeune, pensant aller comme missionnaire dans le lointain Japon, mais déjà chacun dans son propre pays, dans sa propre maison, son milieu d’étude ou de travail, la famille et les amis ». Dernière recommandation du Pape François aux ministres de l’EÉglise, aux religieux : ne pas économiser leurs forces dans la formation des jeunes et leur éducation à la mission, à sortir, à partir. « Jésus a fait ainsi avec ses disciples : il ne les a pas tenus attachés à lui comme une mère poule avec ses poussins ; il les a envoyés ! » « Nous ne pouvons pas rester enfermés dans la paroisse, dans nos communautés, quand tant de personnes attendent l’Évangile ! Ce n’est pas simplement ouvrir la porte pour accueillir, mais c’est sortir par la porte pour chercher et rencontrer ! », a exhorté le Pape.

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