Neuvaine de la Transfiguration 4

Quatrième jour de la neuvaine – Jésus parle de sa Passion prochaine

Transfiguration vitrail cathédrale de Chartres 28 France
Transfiguration vitrail cathédrale de Chartres 28 France

Moise et Élie s’entretiennent avec Jésus de sa Passion prochaine. Cet aspect de la Transfiguration n’est, en général, pas assez remarqué. On ne peut pas, dans la vie de Jésus, séparer les mystères glorieux des mystères douloureux.

C’est au moment où Jésus se prépare à sa Passion qu’il est transfiguré. Nous n’entrerons dans la joie de la Transfiguration que si, dans notre propre vie, nous acceptons la croix.

Il voulait leur montrer qu’il avait pouvoir sur la vie et sur la mort, qu’il commandait au ciel et à la terre.

Quels beaux exemples apportaient aussi ces deux hommes, pour encourager les apôtres à pratiquer la doctrine qu’il leur avait prêchée, la doctrine du sacrifice !

L’un et l’autre avaient su sacrifier leur vie pour la retrouver. L’un et l’autre avaient su résister avec fermeté et constance aux tyrans, l’un à Pharaon, l’autre à Achaz, et cela pour un peuple ingrat et indocile.

Tous deux avaient vécu dans la pauvreté. Tous deux avaient accompli de grands prodiges.

Jésus veut les donner en modèle à ceux qu’il établit les chefs du peuple nouveau ; il veut que dans le gouvernement des âmes, ils aient le zèle d’Élie et la douceur de Moïse. Sans doute, Élie avait fait tomber le feu du ciel sur les prévaricateurs, et un jour ses apôtres s’en souvenant lui diront : Veux-tu que nous fassions descendre le feu du ciel sur tes adversaires ? Mais il leur rappellera, qu’ils sont appelés à une justice plus parfaite.
(Saint Jean Chrysostome : homélie LVI sur l’Évangile selon saint Matthieu, 2).

Voilà le point crucial : la transfiguration est l’anticipation de la résurrection, mais celle-ci présuppose la mort.

Jésus manifeste aux apôtres sa gloire, pour qu’ils aient la force d’affronter le scandale de la croix, et comprennent qu’il faut passer à travers beaucoup de souffrances pour arriver au Royaume de Dieu.

En se montrant transfiguré, Jésus voulait prémunir ses disciples contre le scandale de la Croix, et en leur faisant apparaître un rayon de sa gloire cachée, les empêcher d’être troublés par les humiliations de cette Passion, à laquelle il se portait volontairement.

Avec une sagesse non moins haute, il constituait l’espérance de son Église, de façon que le Corps du Christ connaisse quelle transformation devait se faire en lui, et que les membres se mettent à espérer cette gloire dont il disait, en parlant des splendeurs de son avènement : Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de mon Père.
(Saint Léon le Grand : sermon LI 3)

Sans la lumière de l’esprit que tu nous avez rendue, comme tu le fais à chaque fois que nous nous réveillons, nous ne comprendrions pas que nous pouvons faire de nouveaux progrès dans notre connaissance de toi, notre Dieu de Gloire.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

Saint Ignace de Loyola

Saint Ignace de Loyola

Saint Ignace de Loyola
Saint Ignace de Loyola

Mémoire de saint Ignace de Loyola, prêtre. né à Guipuzcoa, au pays basque espagnol, il vécut d’abord à la cour de Castille et à l’armée. Après une grave blessure, il se tourna vers Dieu, alla à Paris faire des études de théologie, s’adjoignit ses premiers compagnons, qu’il établit ensuite à Rome pour former la Compagnie de Jésus.

Là, il exerça, jusqu’à sa mort en 1556, un ministère fructueux par ses écrits, en particulier ses Exercices spirituels, et par la formation de ses disciples, pour la plus grande gloire de Dieu. (Martyrologe romain)

Né en Espagne d’une noble famille, benjamin de treize enfants, Ignace est d’abord page à la cour puis chevalier rêvant d’exploits. En 1521, les Français assiègent Pampelune. Ignace s’illustre parmi les défenseurs de la ville quand un boulet de canon lui broie la jambe et brise sa carrière. Il rentre au château familial sur un brancard.

Ayant épuisé les récits de chevalerie, il entame la vie des saints. En parcourant leur vie, Ignace en vient à se demander: « Pourquoi ne ferais je pas ce qu’ont fait saint François, saint Dominique et tant d’autres ? » Une conversion totale s’opère que viendra confirmer, une nuit, une vision de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus. C’est la conversion, totale, brutale.

A peine est-il remis sur pied qu’il décide de quitter Loyola. Il se rend d’abord à Aránzazu pour y visiter un sanctuaire de la Vierge. De là,  il prend la direction de Barcelone. Chemin faisant, Ignace rencontre un Maure qui lui semble insulter la Vierge Marie en refusant de croire à la naissance virginale de Jésus.

Après cet épisode, Ignace poursuit sa route jusqu’au sanctuaire marial de Montserrat. il se rend dans une grotte à Manrèse, non loin de l’abbaye bénédictine de Montserrat. Il y découvrira sa vocation propre: non la contemplation, mais le service de Dieu parmi les hommes. C’est là qu’il rédige ses « Exercices spirituels » où il consigne ses expériences spirituelles.

Après un pèlerinage en Terre Sainte, il commence ses études de théologie à Paris. Il partage sa chambre avec un jeune étudiant: saint François Xavier et le contact n’est pas toujours facile. Quelque temps plus tard, le 15 août 1534, l’étudiant attardé de 43 ans et ses jeunes amis étudiants  font à Montmartre, le vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et fonde ainsi la « Compagnie de Jésus ».

Douze ans plus tard, ils feront profession solennelle à Rome « pour la plus grande gloire de Dieu. » (Nominis)

Neuvaine de la Transfiguration 3

Troisième jour de la neuvaine – Moïse et Élie parlent avec Jésus

Transfiguration cathédrale Sainte Cécile Albi 81 France
Transfiguration cathédrale Sainte Cécile Albi 81 France

Auprès de Jésus apparaissent Moise et Élie. Moïse représente la loi. Elie représente les prophètes. Jésus est l’accomplissement de toute loi et de toute prophétie. Il est le terme final de toute l’Ancienne Alliance. Il est la plénitude de toute la révélation divine.

Jésus s’était réclamé de Moïse (Jn, 5,46), Élie devait frayer la voie au Messie et le signaler à Israël. L’un et l’autre, en apparaissant aux côtés de Jésus, montrent la continuité des deux testaments, la subordination de la loi et des prophètes, au Christ qui, par son Évangile, vient non les abolir, mais les compléter et réaliser les oracles d’autrefois.

Partout où il sera divulgué, ce récit de l’entretien du Christ avec Moïse et Élie contribuera à anéantir les attaques des docteurs contre la doctrine et la mission de Jésus ; à effacer aux yeux des autres Juifs, le scandale de la croix.

Le sujet de l’entretien dont parle saint Luc  confirme, en outre, cette annonce de la passion qui avait tant scandalisé saint Pierre, quelques jours auparavant.

*

Cette scène, où Jésus apparaît dans l’acceptation anticipée de sa Passion et tout ensemble dans l’éclat de la gloire qui lui appartient par nature, cache un profond mystère auquel le chrétien doit s’associer, La vie surnaturelle comporte en effet une commu­nion intime à tous les mystères du Christ Nous devons nous transfigurer avec lui, de même que nous devons mourir, ressusciter et monter au ciel à sa suite.

Le premier fruit de la Transfiguration et le premier moyen de s’y unir se trouve dans la grâce de joie et dans l’accroissement de foi que provoquent la gloire du Rédempteur et la proclamation céleste de sa divinité.

Si nous aimons notre Maître, nous nous réjouirons de ce qu’il est plus grand que nous et en toutes choses égal à son Père. Une âme bien née devrait, semble-t-il, être transportée de bonheur devant Jésus transfiguré. Cette attitude, inspirée par une religion fervente, serait infiniment sanctifiante. Il faut apprendre à être heureux de ce que Dieu est Dieu et de ce que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »

Les saints apôtres éprouvèrent avec une grande intensité ces sentiments et rapportèrent en outre de la montagne sainte une foi robuste en celui qui les appelait à prêcher son nom jusqu’aux extrémités de la terre. Saint Pierre paraît avoir gardé de la Transfiguration un ineffaçable souvenir et, à la veille de la persécution de Néron, il en faisait part aux fidèles en des termes encore vibrants d’émotion :

« Ce n’est pas sur la foi de fables ingénieusement imaginées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais en témoins oculaires de sa majesté. En effet, il reçut honneur et gloire de Dieu le Père, lorsque de la gloire magnifique une voix se fit entendre qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Et nous, nous entendîmes cette voix venue du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la montagne sainte. Et ainsi a été confirmée pour nous l’Écriture prophétique »  II Pierre, I, 16-19.

Ce témoignage du Père, qui complétait les pré­dictions des prophètes et ajoutait à leur force, garde toute sa valeur pour nous à qui il a été transmis par les témoins oculaires de la majesté du Christ Non seulement le Père a accrédité le Sauveur parmi nous par les prodiges qu’il lui donnait d’accomplir, mais il a déclaré lui-même que Jésus est son Fils unique, dans la lumière miraculeuse de cette scène incom­parable.

Notre foi doit y trouver le même réconfort que celle des apôtres et nous jeter la face contre terre devant le Christ Souverain Seigneur. « Nous voyons ici le signe de la gloire éternelle, le Roi des Gentils et du peuple Juif, promis à Abraham et à sa race pour toujours : les prophètes en sont témoins ; le Père, témoin lui aussi, nous ordonne d’écouter et de croire » (Ancienne hymne des vêpres de la Transfiguration).

Peu de spectacles assurément sont plus propres à affermir la foi. N’est-il pas particulièrement oppor­tun de s’en souvenir en un temps où souffle un vent de scepticisme destructeur, et de méditer doucement, dans le recueillement de la prière, sur ce témoignage irrécusable du Père, roc très ferme où s’appuie notre croyance ?

La foi ainsi renouvelée est capable de résister à toutes les épreuves et de repousser toutes les attaques. Elle établit l’âme dans une atmosphère de douce et pure lumière qui transfigure tout l’être, éclaire l’intelligence, réchauffe le cœur, et n’est pas plus obscurcie par les ténèbres du doute que par les orages des passions ou les angoisses de la douleur.

Rien ne peut séparer du Christ celui qui a coutume de le suivre sur la montagne, pour s’y convaincre toujours plus, par un travail secret du Saint-Esprit, de la divinité du Christ.

*

Nous t’en prions, Seigneur notre Dieu, rend-nous conscients de notre totale dépendance à ton égard, afin que nous reconnaissions le prix de l’amour que tu répands, inlassablement et de tant de manières, aujourd’hui encore, dans nos âmes.

Gloire et louange à notre Dieu, éblouissant de sainteté!

Ta transfiguration révèle ta lumière qui veut se donner aux hommes.

Prières quotidiennes

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