présence du Mystère de Pâques

Reproduction en icône de la fresque « Anastasis » située dans l’église Saint-Sauveur-in-Chora Istanbul

Le mystère pascal, justement parce qu’il a vu passer le Fils de la mort à la vie, voit ainsi passer les enfants de Dieu. C’est pourquoi il est dit pascal, à cause de ce passage qui s’est réalisé grâce au sacrifice du Fils de Dieu.

Voilà pourquoi le sacrifice eucharistique est le centre de gravité de tous les sacrements, de même que Pâques est le centre de gravité de l’année liturgique.

Dans la sainte liturgie, le Christ, dans la puissance de l’Esprit-Saint, signifie et réalise le mystère pascal de sa passion, de sa mort sur la croix et de sa résurrection.

Ce mystère ne consiste pas simplement en une série d’événements d’un passé lointain (même si l’on ne peut pas faire abstraction de l’historicité de ces événements !), mais il entre dans la dimension de l’éternité, parce que l’ «acteur» – c’est-à-dire celui qui a agi et souffert dans ces événements – est le Verbe incarné.

C’est pourquoi le mystère pascal du Christ «surplombe ainsi tous les temps et y est rendu présent» par les sacrements qu’il a lui-même confiés à son Église, surtout le Sacrifice eucharistique.

BUREAU DES CÉLÉBRATIONS LITURGIQUES DU SOUVERAIN PONTIFE
La liturgie, œuvre de la Trinité/2 : Dieu le Fils (février 2012)

Jésus ressuscité apparaît à ses disciples

Jésus ressuscité avec les disciples

Jésus ressuscité vient de se faire reconnaître des disciples d’Emmaüs. Ces derniers, tout joyeux, relatent aux onze Apôtres et à leurs compagnons leur rencontre avec le Seigneur et comment ils l’ont reconnu à la fraction du pain. Soudain, comme pour confirmer leur témoignage, le Seigneur apparaît au milieu d’eux.

« La paix soit avec vous » : telles sont les premières paroles du Ressuscité. Paroles dont on perçoit toute la douceur et le réconfort. Pourtant, elles ne parviennent pas à apaiser les doutes, les peurs et le trouble des disciples.

Cela ne suffit pas à ce qu’ils le reconnaissent. Ils ont besoin de voir ses plaies, de les toucher, pour se rendre compte que ce n’est pas un esprit qu’ils ont devant eux mais bien Jésus, en chair et en os, qui va même jusqu’à manger devant eux.

A la manière dont saint Luc insiste sur la réalité corporelle de la résurrection, on imagine toutes les difficultés rencontrées par les premières communautés chrétiennes pour la recevoir. La question d’une survie « spirituelle » après la mort ne faisait pas difficulté pour les Grecs à qui s’adressait saint Luc dans son évangile. Par contre, ressusciter dans son corps… Mais est-ce bien différent aujourd’hui ?

Notre Seigneur n’est pas ressuscité seulement en esprit mais aussi dans sa chair. Ce qu’il nous promet n’est pas seulement une survie de notre âme après la mort mais bien davantage : la résurrection en lui de toute notre personne : corps et âme.

Il était donc nécessaire pour les disciples de faire l’expérience intense de la réalité corporelle du Ressuscité pour clarifier leur idée sur sa personne et accomplir de façon adéquate leur future mission de témoin.

Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique, il serait donc erroné de croire que la résurrection a été un « produit » de la crédulité des apôtres. Bien au contraire, c’est bien de l’expérience directe de la réalité de Jésus ressuscité, sous l’action de la grâce divine, qu’est née leur foi dans la Résurrection.

C’est donc au contact de la personne du Christ ressuscité que sont mis les Apôtres et leurs compagnons. Et c’est cette même personne qui va se faire pour eux l’interprète des Écritures : « Alors, il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des écritures ». Dans la mort et la résurrection du Christ s’accomplit toute l’histoire du salut.

A la lumière de la résurrection, les disciples comprennent maintenant que toute la révélation de la première Alliance tendait vers la personne même du « Verbe fait chair » qui est la Nouvelle Alliance : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ».

En passant en revue les trois grands corpus de la Torah, des Prophètes et des Psaumes (en référence aux Ecrits historiques), Jésus révèle qu’il est la Parole vivante qui vient vivifier tous les écrits de l’Ancien Testament en les portant à leur accomplissement.

Notre foi ne repose donc pas sur des lettres mortes mais sur une Parole bien vivante, la personne même du Christ mort et ressuscité. Avec saint Pierre nous pouvons proclamer : « Tout repose sur la foi au nom de Jésus » (cf. Première lecture).

Désormais chacune de nos histoires a sa clef d’interprétation et son accomplissement en Jésus-Christ. Mais si tout trouve sa source en lui, tout aussi converge vers lui. Voilà ce dont nous sommes témoins depuis le jour de notre baptême.

Baptisés dans la mort et la résurrection de notre Seigneur, nous témoignons que réside en lui la plénitude de la Révélation de l’Amour de Dieu et nous proclamons à la suite des Apôtres et des disciples la conversion en son nom pour le pardon des péchés.

« Seigneur, nous t’en prions. Toi qui as uni tant de peuples divers dans la même confession de ton nom, accorde à tous les baptisés d’avoir au cœur la même foi et dans la vie le même amour » (Cf. Prière d’entrée de la messe).

F. E.

Le Christ ressuscité est notre espérance

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 19 avril 2017
condensé


Paul – le chemin de Damas – église Saint Pierre – Chemillé – 49

Frères et sœurs, dans la lumière de Pâques, l’Apôtre Paul nous rappelle que le christianisme n’est pas une idéologie mais un chemin de foi qui part d’un évènement attesté par les premiers disciples de Jésus. Et, cet évènement n’est pas seulement la mort de Jésus mais plus encore sa résurrection, car c’est au matin de Pâques que naît notre foi. Paul lui-même a été saisi par cet évènement sur le chemin de Damas.

Ainsi, même si nous sommes pécheurs, nous sommes appelés comme chrétiens à reconnaître avec étonnement et joie ce que Dieu réalise pour nous au matin de Pâques : son amour pour nous a vaincu notre plus implacable ennemi. Comme le proclame l’Apôtre Paul : « O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55).

En ces jours de Pâques, nous proclamons nous aussi que Jésus est vivant au milieu de nous. Le Christ ressuscité est notre espérance.

Que l’Esprit Saint fasse grandir notre foi en Jésus ressuscité pour que l’amour de Dieu parvienne à vaincre en nous le péché et la mort. Que notre vie témoigne avec joie de l’espérance qui naît du tombeau ouvert au matin de Pâques. Que Dieu vous bénisse !


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la Vierge Marie et sa sainte médaille miraculeuse