passer d’une vie mondaine à l’annonce joyeuse de Jésus

Lors de sa messe quotidienne, célébrée dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, ce mardi 23 mai 2017, le Pape François, au cours de son homélie, a rappelé que tant de personnes consacrées ont été persécutées pour avoir dénoncé des attitudes mondaines.

Le Pape est parti du chapitre 16 des Actes des Apôtres, lorsque Paul et Silas, se trouvant à Philippes, rencontrent une jeune esclave, «possédée par un esprit de divination» ; celle-ci se met à les suivre dans la rue en criant : «ces hommes sont des serviteurs de Dieu». Paul, «excédé», se retourne alors et chasse l’esprit mauvais. Car l’apôtre a compris que ce n’était pas là le chemin de conversion pour cette ville, parce qu’ainsi, «tout se déroulait dans la tranquillité», sans difficultés.

Persécutés pour avoir proclamé la vérité

Mgr Oscar Romero

Cela se répète dans l’histoire du Salut quand le peuple de Dieu était tranquille, quand il ne prenait pas de risque, et «servait la mondanité» , Dieu envoyait des prophètes qui étaient persécutés, parce qu’ils dérangeaient. Et le Pape d’évoquer l’exemple du Bienheureux Oscar Romero, archevêque de San Salvador, assassiné par les escadrons de la mort, parce qu’il dénonçait les violences commises contre les pauvres, et proclamait la vérité. «Le Malin préfère une Église tranquille, qui ne prend pas de risques, une Église des affaires, une Église commode, tiède.»

Toujours au chapitre 16 des Actes des Apôtres, on raconte ensuite que les maitres de la jeune esclave se mirent en colère : ils virent «s’en aller l’espoir de leurs bénéfices», puisque leur servante ne pouvait plus pratiquer la divination. « L’esprit mauvais entre toujours par les poches» ; «lorsque l’Église est tiède, tranquille, bien organisée, il n’y a pas de problème.»

L’annonce joyeuse de l’Évangile

Paul et Silas, après avoir été battus, furent emprisonnés ; mais, au milieu de la nuit, un tremblement de terre fit tomber leurs chaines. Le geôlier, témoin de cette libération miraculeuse, demanda alors des explications à Paul et Silas, et se convertit, ainsi que toute sa famille. Il se fit baptiser, et «avec toute sa maison, laissa déborder sa joie de croire en Dieu. C’est cela le chemin de notre conversion quotidienne. Passer d’une vie mondaine, tranquille, catholique mais tiède, à une une vraie annonce du Christ, à la joie de l’annonce du Christ. Passer d’une religiosité qui regarde trop au gain, à la foi et à la proclamation :’Jésus est le Seigneur’. »

Le Pape invite donc les fidèles à relire le chapitre 16 des Actes des Apôtres pour voir «comment le Seigneur, avec ses martyrs, fait aller l’Église de l’avant» : «une Église sans martyrs ne donne pas confiance ; une Église qui ne prend pas de risque, ne donne pas confiance, une Église qui a peur d’annoncer Jésus Christ, qui a peur de chasser les démons, les idoles, l’argent, n’est pas l’Église de Jésus.»

Nous ne sommes pas orphelins

Lydie de Thyatire avec l’Apôtre Paul par Harold Copping 1927

« Seigneur, ouvre mon cœur afin que je puisse comprendre ce que tu nous as enseigné. Afin que je puisse rappeler tes paroles. Afin que je puisse suivre tes paroles. Afin que je parvienne à la pleine vérité. »

C’est la « prière » à « faire en ces jours » a suggéré le Pape au cours de la Messe célébrée dans la matinée du lundi 22 mai à Sainte-Marthe au Vatican. Il l’a dite en commentant la liturgie de la parole qui  « nous fait écouter en ces jours le long discours de Jésus au cours de la dernière Cène » dans laquelle il annonce « aux siens » l’envoi de l’Esprit Saint.

Il s’agit d’un « discours dans lequel Jésus avertit, enseigne, réconforte » les disciples et « leur donne de l’espérance » en assurant : « « Soyez tranquilles, je ne vous laisserai pas orphelins ». Je m’en irai, parce que je vous enverrai un autre « avocat » pour vous défendre auprès du Père. »

A ce propos, le Pape a souligné que « le premier avocat c’était lui », le Christ lui-même, « le grand avocat qui nous a pardonné tous les péchés, qui nous défend. »

Cela « veut dire que seul l’Esprit Saint nous donne la certitude d’être sauvés par Jésus » ; que « seul l’Esprit Saint nous enseigne à dire : ‘Jésus est le Seigneur’. » Tandis que « sans l’Esprit, aucun de nous n’est capable de le dire, de le sentir, de le vivre. »

« Quand nous célébrons les communions et que nous accomplissons l’onction sur le front des communiants, nous disons : ‘Reçois l’Esprit Saint qui t’est donné en don’. » En effet, le Paraclet « est un don : le grand don de Jésus, c’est l’Esprit. Celui qui ne nous fait pas tromper. »

Il est alors naturel de se demander : « Où habite l’Esprit ? » Une réponse possible se trouve dans la première lecture liturgique, tirée des Actes des apôtres (16, 11-15), qui raconte une « aventure des apôtres vers la Macédoine, où ils ont été appelés. »

« Arrivés à Philippes, dans la ville, le jour du sabbat ils se sont rendus le long du fleuve où l’on priait ; il y avait là un groupe de femmes qui priaient. » Ainsi, les apôtres « commencèrent à parler aux femmes de Jésus. »

Et il est écrit dans le livre des Actes que « une femme du nom de Lydie, négociante en pourpre, était également là ». Elle « n’était pas stupide, c’était une négociante, elle savait faire les choses. » Elle provenait « de la ville de Thyatire » et « croyait en Dieu. Et le Seigneur lui ouvrit le cœur pour que l’Esprit Saint entre et qu’elle » devienne « une disciple ».

En effet, « c’est précisément dans le cœur que nous portons l’Esprit Saint. » Au point que « l’Église l’appelle ‘le doux hôte du cœur’. »

Enfin, de cette double observation, découlent « deux questions seulement qui peuvent être tirées de ces lectures », sur lesquelles « il fera du bien » de réfléchir.

La première est : « est-ce que je demande au Seigneur la grâce que mon cœur soit ouvert ? »

Et la deuxième : « est-ce que je cherche à écouter l’Esprit Saint, ses inspirations, les choses qu’il dit à mon cœur afin que j’aille de l’avant dans ma vie de chrétien, et que je puisse témoigner moi aussi que Jésus est le Seigneur ? »

recevoir un autre Paraclet

PAPE FRANÇOIS

REGINA COELI

Piace saint Pierre
Dimanche 21 mai 2017

L’Évangile (Jn 14,15 à 21) d’aujourd’hui, suite de celui de dimanche dernier, nous ramène à ce moment poignant et dramatique qu’est le dernier repas de Jésus avec ses disciples. l’Évangéliste Jean recueille de la bouche et du cœur du Seigneur ses derniers enseignements avant sa passion et sa mort.

Jésus promet à ses amis, à ce triste moment, obscur, qu’après lui, ils recevront « un autre Paraclet » (v. 16). Ce mot signifie un autre « avocat », un autre défenseur, un autre Consolateur, « l’Esprit de vérité » (v 17.); et il ajoute: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous » (v 18.).

Ces mots traduisent la joie d’une nouvelle venue du Christ: Lui, ressuscité et glorifié, demeure dans le Père et, en même temps, vient à nous dans l’Esprit Saint. Et en cette nouvelle venue, il révèle notre union avec Lui et avec le Père: « Vous savez que je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous » (v 20).

Méditant sur ces paroles de Jésus, nous percevons maintenant par le sens de la foi être le peuple de Dieu en communion avec le Père et avec Jésus par l’Esprit Saint. Dans ce mystère de communion, l’Église est la source inépuisable de sa mission, qui est réalisé par l’amour.

Jésus dit dans l’Évangile d’aujourd’hui: « Celui qui accueille mes commandements et qui les observe est celui qui m’aime. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai et je me manifesterai à lui « (v. 21). Et l’amour qui nous mène à la connaissance de Jésus, à travers l’action de cet « avocat » que Jésus a envoyé, le Saint-Esprit. L’amour pour Dieu et le prochain est le plus grand commandement de l’Évangile.

Aujourd’hui, le Seigneur nous appelle à répondre généreusement à l’appel de l’Évangile à aimer, à mettre Dieu au centre de notre vie età nous consacrer au service des frères, en particulier ceux qui ont le plus besoin de soutien et de consolation.

S’il y a une attitude qui n’est jamais facile, jamais accordé même pour une communauté chrétienne, c’est le propre de savoir aimer, d’aimer selon l’exemple du Seigneur et par sa grâce. Parfois, les contrastes, l’orgueil, l’envie, les divisions laissent leur marque sur le beau visage de l’Église.

Une communauté de chrétiens devrait vivre dans l’amour du Christ, et pourtant celui qui est où le Malin nous « prend la main » et nous nous laissons parfois berner. Et ceux qui ne font pas le poids sont spirituellement faible. Combien d’entre eux – et vous savez que quelques-uns – combien d’entre eux se sont éloignés parce qu’ils ne se sentent pas acceptés, – ne se sentent pas compris, ne se sentent pas aimés.

Combien de personnes se sont éloignés, par exemple, d’une paroisse ou communauté pour le bavardage ambiant, la jalousie, l’envie qu’ils s’y trouvent. Même pour un chrétien, savoir aimer n’est jamais une donnée acquise une fois pour toutes; tous les jours, vous devez recommencer, vous devez vous exercer parce que notre amour pour nos frères et sœurs que nous rencontrons, devient mature et purifié à partir de ses limites ou des péchés qui en font partie, égoïsme, stérilité et infidélité.

Chaque jour, vous devez apprendre l’art d’aimer. Écoutez ceci: tous les jours, vous devez apprendre l’art de l’amour, tous les jours, vous devez suivre patiemment l’école du Christ, chaque jour, vous devez pardonner et regarder Jésus, et cela, avec l’aide de cet « avocat », de ce Consolateur que Jésus nous a envoyé, le Saint-Esprit.

Que La Vierge Marie, parfaite disciple de son Fils et Seigneur, nous aide à être toujours plus docile au Paraclet, l’Esprit de vérité, à apprendre chaque jour à aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés.

Après le Salve Regina

Nous arrivent malheureusement de douloureuses nouvelles de la République centrafricaine, que je porte dans mon cœur, surtout depuis ma visite en Novembre 2015. Des affrontements armés ont provoqué de nombreux morts et personnes déplacées, ils menacent le processus de paix.

Ils sont tout près de la population, des évêques et de tous ceux qui travaillent pour le bien du peuple et pour la coexistence pacifique. Je prie pour les morts et les blessés et renouvelle mon appel : que les armes soient réduites au silence et que prévale la bonne volonté de dialogue pour donner au pays paix et développement.

Le prochain 24 mai, nous nous unirons spirituellement à tous les catholiques en Chine à la date anniversaire de la Sainte Vierge Marie « Auxiliatrice », vénérée au sanctuaire de Sheshan à Shanghai.

Aux catholiques chinois je dis : élevons notre regard vers Marie notre Mère, parce qu’elle nous aide à discerner la volonté de Dieu sur la vie concrète de l’Église en Chine et nous aide à accueillir généreusement son plan d’amour.

Marie nous encourage à offrir notre contribution personnelle à la communion entre les croyants et pour l’harmonie de la société tout entière. N’oublions pas de témoigner de la foi par la prière et l’amour, avec maintien de rencontres ouvertes et de dialogue, toujours.


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la Vierge Marie et sa sainte médaille miraculeuse