L’objet sensible et immédiat de cette touchante dévotion est le Cœur même de Jésus. Ouvrant un jour sa poitrine sacrée, il dit à la Bienheureuse : « Voilà le Cœur qui a tant aimé les hommes ! » Le voilà ! Ainsi l’objet matériel de notre culte est indiqué par le geste du Sauveur, les paroles qui l’accompagnent et la vision de Marguerite-Marie.
C’est le Cœur du plus saint, du plus aimable, du plus parfait des enfants des hommes, formé par l’Esprit-Saint lui-même du plus pur sang d’une Vierge ! chef-d’œuvre du Ciel et de la terre, de la nature et de la grâce. C’est le Cœur d’un Dieu ! puisqu’il a été uni à la divinité ; par conséquent, sanctuaire de toutes les perfections et de tous les mérites, abîme sans fond de grâces et de bénédictions.
— C’est quelque chose de plus : c’est le cœur d’un homme-Dieu ! c’est-à-dire un admirable mélange de tout ce qu’on peut supposer de plus pur, de plus délicat dans les affections humaines, et de tout ce qu’il y a de bonté, de dévouement dans les affections divines. C’est la compassion unie à la miséricorde ; c’est l’amitié d’un frère unie à l’amour d’un père.
O merveille ! Peut-on concevoir un objet plus digne de notre respect, de notre amour ! Si l’Église rend un culte spécial aux instruments de la Passion du Sauveur, aux épines dont il fut couronné, à la Croix où il expira, à la lance dont il fut percé, combien plus devons-nous honorer le Cœur adorable de Jésus !
N’est-il pas le principe de sa vie, de ses souffrances et de son amour ? N’est-il pas la source du sang précieux qui nous a rachetés au Calvaire, qui nous purifie dans les Sacrements et nous désaltère à l’autel ? Saint Bernardin l’appelle une fournaise d’amour ; saint Pierre Damien, le trésor universel de la sagesse et de la science ; saint François de Sales, la source de toutes les grâces.
Eh quoi ! ici- bas, on s’estime heureux, après une séparation douloureuse, de recueillir et de garder le cœur d’un père et d’une mère, et nous ne rendrions aucun hommage au Cœur de Jésus, le plus saint, le plus tendre, le plus généreux de tous les cœurs ! Jésus nous donne son Cœur. Et que demande-t-il en retour ? Il demande l’offrande du nôtre. « Mon fils, dit-il, donne-moi ton cœur. »
Il est impossible que notre cœur ne se donne pas à quelqu’un, puisqu’il ne peut vivre sans aimer. D’un côté, le monde nous le demande, mais pour le changer en un enfer ; de l’autre, Jésus désire ardemment le posséder, pour en faire un paradis de délices dès cette vie. A qui donnerons-nous la préférence ?
A toi seul, ô Jésus ! Dieu d’amour ! Oui, à toi seul mon cœur tout entier, sans retour, sans partage, à
la vie et à la mort, dans le temps et dans l’éternité.
Sacré-Cœur de Jésus, donne-moi pour partage de t’aimer toujours et toujours davantage.
PRIÈRE
O Jésus ! voilà mon cœur, garde- le-moi bien comme un précieux dépôt que je te confie ; garde-le moi comme tu as gardé celui de ta bien-aimée servante Marguerite-Marie. Si jamais je voulais le reprendre, ne me le rend pas, mais force-moi, par quelque acte de ta miséricorde, à t’en laisser le possesseur et le maître à jamais. Ainsi soit-il.
+P. Martin BERLIOUX
Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse
Audience générale: Léon XIV invite à redécouvrir la force spirituelle des rites liturgiques
Lors de l’audience générale de ce mercredi 3 juin, le Pape a poursuivi sa série de catéchèse sur la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium. Il a consacré sa réflexion à certains éléments de la liturgie sacrée: «le rite, le signe et le symbole», rappelant que les rites sacrés ne sont pas de simples cérémonies extérieures, mais une véritable médiation intérieure du mystère de l’expérience de Dieu dans la vie des croyants.
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LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 3 juin 2026
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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
III. La Constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium
3. Le rite, le signe, le symbole
Chers frères et sœurs,
en poursuivant notre catéchèse sur la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC), nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée, tels que le rite, le signe et le symbole.
Le Concile Vatican II, s’inspirant du précieux travail du Mouvement liturgique, nous a aidés à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.
C’est précisément pour cette raison que le Concile invite à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières (cf. SC, 48).
Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs étrangers ou muets (cf. ibid.) face à la liturgie, mais si nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur.
À travers le rite sacré, nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi.
Le rite nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel.
Nous découvrons ainsi une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, et une autre expérience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons l’expérience d’une logique de gratuité, nous trouvons une pause qui régénère le cœur, nous reconnaissons que nous sommes précédés de la grâce divine, nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint.
La grammaire du rite est tissée des signes et des symboles propres à la liturgie. En elle, comme l’affirme le Concile, « la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » (SC, 7).
Le Catéchisme de l’Église Catholique approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que « leur signification s’enracine dans l’œuvre de la création et dans la culture humaine, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèle pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ » (n° 1145).
Emblématique est le signe de l’eau : depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.
“Signe” et “symbole” sont des termes souvent utilisés comme synonymes. En réalité, un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes aspergés avec l’eau bénite, cela ravive en nous la conscience du don reçu lors du baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ.
Deuxièmement, les symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement.
Surtout, les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales.
Dans la Lettre apostolique Desiderio desideravi, le pape François, faisant sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait « la première tâche du travail de formation liturgique : l’homme doit retrouver sa capacité symbolique » (n° 44).
Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie.
L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps (cf. 1Th 5, 23).
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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les jeunes venus de l’île Maurice et de France.
Frères et sœurs, puissent vos liturgies, par leur beauté et leur solennité, être toujours centrées sur le mystère et porter vos âmes à la contemplation de Dieu Trinité. Qu’elles construisent et manifestent l’unité de l’Église dans une authentique et accueillante charité.
Que Dieu vous bénisse et qu’Il bénisse vos familles.
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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :
Frères et sœurs, nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un simple revêtement extérieur du mystère sacramentel, ni un ensemble de cérémonies arbitraires, mais la médiation ecclésiale par laquelle le don divin nous parvient.
Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, ce qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. La sobriété solennelle de ses rythmes interrompt l’activité frénétique, nous ramenant à l’essentiel. Dans la liturgie, la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’entre eux.
Les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales. Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie.
L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui ne peut avoir lieu qu’en impliquant l’homme tout entier : esprit, âme et corps.
Saints Charles Lwanga et ses 21 compagnons martyrs en Ouganda
Saints Charles Lwanga et ses compagnons martyrs
«Je te prendrai par la main. Si nous devons mourir pour Jésus, nous mourrons ensemble, main dans la main»: ce sont là les dernières paroles prononcées par Charles Lwanga et adressées au jeune Kizito, tué avec lui, en haine de la foi, à l’âge seulement de 14 ans.
Un martyre partagé ensemble avec d’autres compagnons, catholiques et anglicans, frappés par les persécutions contre les chrétiens en Ouganda vers la fin du 19ème siècle.
La rencontre avec les «Pères Blancs» et la conversion à la foi au Christ
Leur histoire se déroule sous le règne de Mwanga II, roi de Buganda, aujourd’hui une partie de l’Ouganda, entre novembre 1885 et la moitié de 1886. Charles, en particulier, appartient au clan Ngabi, mais sur lui reposent les paroles de l’Evangile prêchées et vécues par les Missionnaires d’Afrique, mieux connus comme Pères Blancs, fondés par le cardinal Lavigerie.
Le jeune Lwanga se convertit à la foi au Christ et, en 1885, il est appelé à la cour comme préfet de la Salle Royale. Aussitôt il devient le point de référence pour les autres, en particulier pour les néo-convertis qu’il soutient et en encourage la foi.
Le début des persécutions
Au début , le roi Mwanga, lui aussi éduqué par les Pères Blancs, mais très têtu et esprit rebelle, l’accueille avec bienveillance. Puis poussé à la révolte par les tenants des traditions locales qui voient ainsi compromis leur pouvoir par la force de l’Évangile, le souverain commence une vraie persécution contre les chrétiens, surtout qu’ils ne cèdent pas à ses pratiques dissolues. Le 25 mai 1886, Charles Lwanga est condamné à mort, ensemble avec d’autres. Le lendemain commencent les premières exécutions.
Une «Via Crucis» longue de huit jours
Pour augmenter la souffrance des condamnés, le souverain décide de les transférer du Palais royal de Munyonyo à Namugongo, lieu des exécutions capitales: 27 miles séparent les deux localités, et deviennent réellement une «Via Crucis».
Tout au long de la route Charles et ses compagnons sont objet des violences des soldats du roi qui cherchent, par tous les moyens, à les faire abjurer. En huit jours de route, beaucoup périssent frappés par des lances, pendus voire cloués aux arbres.
Torches vives sur la colline de Namugongo
Le 3 juin les survivants parviennent exténués sur la colline de Namugongo, où les attend le bûcher. Charles Lwanga et ses compagnons, ensemble avec certains fidèles anglicans, sont brûlés vifs. Ils prient jusqu’à la fin, sans émettre le moindre gémissement et donnant ainsi une preuve éclatante de foi féconde.
Un d’entre eux, Bruno Ssrerunkuma, dira, avant d’expirer: «Une source qui a beaucoup de fontaines ne tarira jamais. Et quand nous ne serons plus là, d’autres viendront après nous»
Canonisation par Paul VI en 1964
En 1920, Benoît XV les proclame Bienheureux. Quatorze ans plus tard, en 1934, Pie XI désigne Charles Lwanga «Protecteur des jeunesse de l’Afrique chrétienne».
C’est Paul VI, qui canonise tout le groupe le 18 octobre 1964, durant le Concile Vatican II. Et c’est toujours le Pape Montini qui, au cours d’un voyage apostolique en Ouganda en 1969, consacre le Maitre Autel du Sanctuaire de Namugongo, construit sur le lieu de leur martyre. La forme de l’église qui y est érigée évoque une maison traditionnelle africaine posée sur vingt-deux piliers représentant les 22 martyrs catholiques.
Pape François : «Témoins de l’œcuménisme dans le sang »
Le 28 novembre 2015, lors de son onzième voyage apostolique qui l’a amené en Ouganda, le pape François a célébré la Messe dans le même sanctuaire, après avoir visité l’église anglicane voisine, elle aussi, consacrée aux martyrs du Pays.
«Aujourd’hui, nous évoquons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint les extrémités de la terre, a affirmé le Pape dans son homélie, nous évoquons aussi, a-t-il ajouté, les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang…
Vies marquées par la puissance de l’Esprit Saint, vies qui rendent témoignage aussi aujourd’hui au pouvoir de transformation de l’Évangile de Jésus-Christ».
Texte proposé par l’Association de la Médaille Miraculeuse