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Nagasaki : le Pape appelle à l’interdiction des armes nucléaires

Nagasaki : le Pape appelle à l’interdiction des armes nucléaires

Pour sa première étape dans la ville japonaise frappée par la bombe atomique le 9 août 1945, le Pape François a lancé un appel vibrant pour l’interdiction des armes nucléaires, depuis le parc construit sur le lieu de l’hypocentre du bombardement atomique de 1945.

Marchant sur les pas de Jean-Paul II venu à Nagasaki le 25 février 1981, il a déclaré que «ce lieu nous rend davantage conscients de la souffrance et de l’horreur que nous les êtres humains nous sommes capables de nous infliger. La croix bombardée et la statue de Notre-Dame, récemment découvertes dans la cathédrale de Nagasaki, nous rappellent une fois de plus l’horreur indescriptible vécue dans leur propre chair par les victimes et leurs familles.».

«Notre monde vit la perverse dichotomie de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue possible.»

La sécurité internationale ne peut pas se baser sur une menace de destruction

«La paix et la stabilité internationales sont incompatibles avec toute tentative de compter sur la peur de la destruction réciproque ou sur une menace d’anéantissement total ; elles ne sont possibles qu’à partir d’une éthique globale de solidarité et de coopération au service d’un avenir façonné par l’interdépendance et la coresponsabilité au sein de toute la famille humaine d’aujourd’hui et de demain.»

En remarquant une nouvelle fois que l’argent dépensé dans des armements de plus en plus sophistiqués devrait plutôt être investi dans les services à la population et la protection de l’environnement, le Pape a appelé à construire une confiance mutuelle impliquant la participation de tous : «individus, communautés religieuses, société civile, Etats dotés d’armes nucléaires et ceux qui n’en possèdent pas, secteurs militaires et privés, et organisations internationales».

«L’Église catholique, pour sa part, est irrévocablement engagée dans la décision de promouvoir la paix entre les peuples et les nations : c’est un devoir auquel elle se sent obligée devant Dieu comme devant tous les hommes et femmes de cette terre. Nous ne pourrons jamais nous lasser d’œuvrer et de soutenir avec une insistance persistante les principaux instruments juridiques internationaux de désarmement et de non-prolifération nucléaire, y compris le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.»

Un appel à la responsabilité des leaders politiques

«Convaincu qu’un monde sans armes nucléaires est possible et nécessaire, je demande aux leaders politiques de ne pas oublier que ces armes ne nous défendent pas des menaces contre la sécurité nationale et internationale de notre temps», a dit le Pape François, dans la filiation, notamment, de Jean XXIII et de Paul VI. «Il devient crucial de créer des instruments qui assurent la confiance et le développement mutuel, et de compter sur des leaders qui soient à la hauteur des circonstances.»

Le Pape a ensuite prononcé ces mots de la célèbre prière de saint François d’Assise :

«Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

là où il y a la haine, que j’apporte l’amour,

là où il y a l’offense, que j’apporte le pardon,

là où il y a le doute, que j’apporte la foi,

là où il y a le désespoir, que j’apporte l’espérance,

là où il y a les ténèbres, que j’apporte la lumière,

là où il y a la tristesse, que j’apporte la joie.»

«En ce lieu de mémoire, qui nous émeut et ne peut nous laisser indifférents, il est encore plus riche de sens de nous confier à Dieu, pour qu’il nous enseigne à être des instruments efficaces de paix et à veiller aussi à ne pas commettre les mêmes erreurs du passé.»

Aux chefs des religions de Thaïlande, le Pape loue la richesse vivante du passé

Aux chefs des religions de Thaïlande, le Pape loue la richesse vivante du passé

Le Pape François s’est adressé à des leaders chrétiens et aux représentants des différentes religions comme le bouddhisme ou l’islam, vendredi 22 novembre 2019, à l’Université Chulalongkorn de Bangkok, la plus ancienne et prestigieuse du royaume de Thaïlande.

Le Pape François a d’abord rappelé avec émotion l’audience du roi Chulalongkorn avec le Pape Léon XIII il y a 122 ans, en 1897, à Rome. C’était la première fois qu’un chef d’État non chrétien était reçu au Vatican.

«Le souvenir de cette importante rencontre, comme celui de son Règne caractérisé, entre autres, par l’abolition de l’esclavage, nous interpelle et nous incite à devenir des protagonistes persévérants sur le chemin du dialogue et de l’entente mutuelle», a affirmé le Souverain pontife, formulant une pensée pour les victimes du fléau de l’esclavage et de la traite des personnes.

Besoin de coopération entre religions

Le Pape a aussi essentiellement appelé «à un changement de paradigme» dans la résolution des conflits.

Le besoin de reconnaissance et de valorisation mutuelles, de même que de coopération entre les religions, est encore plus pressant pour l’humanité actuelle, car relève le Saint-Père, le monde d’aujourd’hui est confronté à des problématiques complexes comme la mondialisation économique et financière et ses graves conséquences sur le développement des sociétés locales.

Logique de rencontre et dialogue mutuel

Et le Pape François a dénoncé les rapides progrès apparemment prometteurs qui coexistent avec «la persistance tragique de conflits civils: migrations, expatriations, famines et guerres, sans compter la dégradation et la destruction de notre maison commune». Ainsi, aucune partie de la famille humaine ne peut se considérer entité étrangère ou immunisée par rapport aux autres.

«Il est temps aujourd’hui d’oser imaginer la logique de la rencontre et du dialogue mutuel comme chemin, de la collaboration mutuelle comme conduite et la connaissance réciproque comme méthode et critère. Et, de cette manière, offrir un nouveau paradigme pour la résolution des conflits et contribuer à la compréhension entre les personnes ainsi que pour sauvegarder la création.»

Le témoignage de patrimoine, de spiritualité

«Les grandes traditions religieuses de notre monde donnent le témoignage d’un patrimoine spirituel, transcendant et largement partagé, qui peut offrir de solides apports dans ce sens si nous sommes capables d’oser ne pas avoir peur de nous rencontrer.» Il faut prêter attention à la voix des pauvres qui nous entourent, les marginaux, les opprimés, les peuples indigènes et les minorités religieuses.

«Avec la tendance grandissante à discréditer les valeurs et les cultures locales par l’imposition d’un modèle unique, nous voyons aujourd’hui une tendance à homogénéiser les jeunes, à dissoudre les différences propres à leur lieu d’origine, à les transformer en êtres manipulables, fabriqués en série. Il se produit ainsi une destruction culturelle qui est aussi grave que la disparition des espèces».

Rechercher ses racines, son passé

Il s’agit de partir à la recherche constante de ses racines, de découvrir «la richesse vivante du passé». La recherche, la connaissance, aident à ouvrir de nouveaux chemins afin de réduire les inégalités entre les personnes, renforcer la justice sociale, défendre la dignité humaine, chercher les manières de résoudre pacifiquement les conflits et de préserver les ressources qui donnent vie à notre terre, a enfin égrené le Saint-Père, profondément reconnaissant aux éducateurs et aux professeurs de Thaïlande, «qui travaillent pour assurer aux générations présentes et à venir les compétences et surtout la sagesse des racines ancestrales qui leur permettront de participer à la promotion du bien commun de la société.»

 

Hôpital de Bangkok: le Pape remercie ceux qui portent l’amour du Christ

Hôpital de Bangkok: le Pape remercie ceux qui portent l’amour du Christ

En s’exprimant devant le personnel de l’hôpital catholique Saint-Louis à Bangkok, le Pape François a salué «une piété spéciale qui naît du respect et de l’amour pour la dignité de tous les hommes» et exhorté à mettre en place une véritable pastorale de la santé.

Pour sa troisième étape à Bangkok, le Pape François a visité l’hôpital Saint-Louis, fondé en 1898, dépendant de l’archidiocèse de la ville et confié à l’origine aux Filles de Saint Paul de Chartres. Dans l’auditorium de cet établissement médical très réputé, outre les 700 personnes ayant pris place, il y avait 40 malades, pris en charge par l’hôpital ou en d’autres structures médicales gérées par l’Église catholique.

Le directeur de l’hôpital a rendu hommage au Pape, «un homme de parole, qui vit ce qu’il prêche». L’amour est le meilleur remède, pour le corps comme pour l’esprit, «là où il y a la charité, là où est Dieu».

Saint-Louis a en effet la particularité de prêter une grande attention à la formation de son personnel, développant la notion de bonheur pour ses employés comme pour ses patients. Une notion très ancrée dans la culture thaïe.

Un témoignage vivant de charité

«L’exercice de la charité est précisément le lieu où nous, chrétiens, sommes appelés non seulement à témoigner que nous sommes des disciples missionnaires, mais aussi à confronter notre témoignage avec celui de nos institutions». «Vous réalisez l’une des plus grandes œuvres de miséricorde, parce que votre engagement en matière de santé va bien au-delà du simple et louable exercice de la médecine.»

Le Pape a salué le sens de l’engagement de l’ensemble du personnel hospitalier. Sa tâche dépasse la simple expertise médicale. Cet engagement se concrétise «avec une piété spéciale qui naît du respect et de l’amour pour la dignité de tous les hommes.»

Des disciples missionnaires

«Vous tous, membres de cette communauté de soins, vous êtes disciples missionnaires quand, en regardant un patient, vous apprenez à l’appeler par son nom.» Ce service, ses lourdes responsabilités et la gestion parfois de situations d’urgences nécessitent la mise en place d’une vraie pastorale de la santé, «où non seulement les patients, mais aussi tous les membres de cette communauté puissent se sentir accompagnés et soutenus dans leur mission.»

Ces efforts déployés quotidiennement à l’hôpital Saint-Louis «sont le témoignage vivant du soin et de l’attention que nous sommes appelés à montrer à toute personne, spécialement aux anciens, aux jeunes et aux personnes les plus vulnérables.»

Porter à ceux qui souffrent l’amour du Christ qui guérit

Le Pape François a ainsi exhorté les membres de cet hôpital «à faire toujours davantage de cet apostolat, et de tout autre semblable, un signe et un symbole de l’Église en sortie qui, souhaitant vivre sa mission, est décidée à porter à ceux qui souffrent l’amour du Christ qui guérit».

Face à la douleur de la souffrance et de la maladie, nous expérimentons le cri de Jésus qui a souffert : «par la prière, nous voulons nous aussi nous unir à son cri.» Le Pape est ensuite allé rencontrer en privé des malades et des personnes handicapées pris en charge par différentes structures catholiques de Bangkok.