Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Le regard de Jésus guérit le cœur, l’amour guérit la vie

Le regard de Jésus guérit le cœur, l’amour guérit la vie

Le Pape François, avant de réciter la prière de l’angélus, ce dimanche 27 juin,  a délivré une catéchèse sur l’amour comme meilleure guérison possible aux maux de la vie, conseillant quelques moyens pour le trouver, à savoir en adoptant le regard et la perspective du Christ.

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint Pierre
Dimanche, 27 juin 2021

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Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui dans l’Évangile (cf. Mc 5, 21-43) Jésus rencontre nos deux situations les plus dramatiques, la mort et la maladie. D’elles, il libère deux personnes : une petite fille, qui meurt au moment où son père est allé demander de l’aide à Jésus ; et une femme qui saigne depuis de nombreuses années.

Jésus se laisse toucher par notre douleur et notre mort, et opère deux signes de guérison pour nous dire que ni la douleur ni la mort n’ont le dernier mot. Il nous dit que la mort n’est pas la fin. Il vainc cet ennemi, dont nous ne pouvons nous libérer.

Concentrons-nous cependant, en cette période où la maladie est toujours au centre de l’actualité, sur l’autre signe, la guérison de la femme. Plus que sa santé, ce sont ses affections qui sont compromises. Pourquoi? Elle saignait et donc, selon la mentalité de l’époque, elle était considérée comme impure.

C’était une femme marginalisée, elle ne pouvait pas avoir de relations stables, elle ne pouvait pas avoir de conjoint, elle ne pouvait pas avoir de famille et elle ne pouvait pas avoir de relations sociales normales car elle était « impure », une maladie qui la rendait « impure ». Elle vivait seule, le cœur blessé.

La plus grande maladie de la vie, qu’est-ce que c’est ? Le cancer? Tuberculose? La pandémie ? Non. La plus grande maladie dans la vie est le manque d’amour, c’est de ne pas pouvoir aimer. Cette pauvre femme en avait assez de la perte de sang, oui, mais, par conséquent, du manque d’amour, car elle ne pouvait pas être socialement avec les autres.

Et la guérison qui compte le plus est celle des affections. Mais comment la trouver ? Nous pouvons penser à nos affections : sont-elles malades ou sont-elles en bonne santé ? Elles sont malades? Jésus est capable de les guérir.

L’histoire de cette femme sans nom – nous l’appelons « la femme sans nom » – en laquelle nous pouvons tous nous voir, est exemplaire. Le texte dit qu’lle avait fait beaucoup de soin, « dépensant tous ses biens sans aucun avantage, s’aggravant plutôt » (v. 26). Combien de fois, nous aussi, nous jetons-nous sur de mauvais remèdes pour assouvir notre manque d’amour ?

Nous pensons que le succès et l’argent nous rendent heureux, mais l’amour ne s’achète pas, il est gratuit. On se réfugie dans le virtuel, mais l’amour est concret. Nous ne nous acceptons pas tels que nous sommes et nous nous cachons derrière les artifices de l’extériorité, mais l’amour n’est pas une apparence.

Nous cherchons des solutions en magiciens, en saints hommes, pour nous retrouver sans argent et sans paix, comme cette femme. Enfin, elle choisit Jésus et se jette dans la foule pour toucher le manteau, le manteau de Jésus. Cette femme, c’est-à-dire cherche le contact direct, le contact physique avec Jésus.

Surtout en ce temps, on a compris à quel point le contact est important. Il en est de même de Jésus : parfois nous nous contentons d’observer quelques préceptes et de répéter des prières – autant de fois que des perroquets – mais le Seigneur attend que nous le rencontrions, que nous lui ouvrions notre cœur, que nous touchions son manteau comme cette femme .. pour guérir. Car, en entrant dans l’intimité avec Jésus, nous sommes guéris dans nos affections.

C’est ce que veut Jésus. On lit en effet que, même pressé par la foule, il regarde autour de lui pour trouver celle qui l’a touché. Les disciples disaient : « Mais regarde la foule qui te tient… ». Non : « Qui m’a touché ? ». C’est le regard de Jésus : il y a tant de monde, mais Il part à la recherche d’un visage et d’un cœur pleins de foi. Jésus ne regarde pas le tout, comme nous, mais il regarde la personne.

Elle ne s’arrête pas devant les blessures et les erreurs du passé, mais va au-delà des péchés et des préjugés. Nous avons tous une histoire, et chacun de nous, dans son secret, connaît bien les mauvaises choses de sa propre histoire. Mais Jésus les regarde pour les guérir. Au lieu de cela, nous aimons regarder les mauvaises choses des autres.

Combien de fois, quand nous parlons, nous tombons dans le bavardage, c’est-à-dire bavarder sur les autres, « écorcher » les autres. Mais regarder de quel horizon de vie s’agit-il ? Pas comme Jésus, qui regarde toujours le chemin pour nous sauver, regarde aujourd’hui, la bonne volonté et non pas la mauvaise histoire que nous avons. Jésus va au-delà des péchés.

Jésus va au-delà des préjugés, il ne s’arrête pas aux apparences, est atteint le cœur de Jésus et il ne guérit que celle qui était rejetée de tous, une personne impure. Avec tendresse, il l’appelle « fille » (v. 34) – le style de Jésus était proximité, compassion et tendresse : « Fille… » – et loue sa foi, lui redonne confiance en elle.

Sœur, frère, vous êtes ici, laissez Jésus regarder et guérir votre cœur. Moi aussi je dois faire ceci : que Jésus regarde mon cœur et le guérisse. Et si vous avez déjà essayé son regard tendre sur vous, imitez-le, et faites comme lui. Regardez autour de vous : vous verrez que beaucoup de personnes qui habitent à côté de vous se sentent blessées et seules, elles ont besoin de se sentir aimées : franchissez le pas.

Jésus vous demande un regard qui ne s’arrête pas à l’extérieur, mais va au cœur ; un regard sans jugement – arrêtons de juger les autres – Jésus nous demande un regard sans jugement, mais accueillant. Nous ouvrons nos cœurs pour accueillir les autres. Parce que seul l’amour guérit la vie, seul l’amour guérit la vie.

Que Notre-Dame, Consolatrice des affligés, nous aide à apporter une caresse aux blessés du cœur que nous rencontrons sur notre chemin. Et ne jugez pas, ne jugez pas la réalité personnelle, sociale des autres. Dieu aime tout le monde ! Ne jugez pas, laissez les autres vivre et essayez de vous en approcher avec amour.

Après l’Angélus

Chers frères et sœurs !

Aujourd’hui, à l’approche de la fête des saints Pierre et Paul, je vous demande de prier pour le Pape, priez d’une manière particulière : le Pape a besoin de vos prières ! Merci. Je sais que vous le ferez.

A l’occasion de la Journée de la paix en Orient, j’invite tout le monde à implorer la miséricorde et la paix de Dieu pour cette région. Que le Seigneur soutienne les efforts de ceux qui œuvrent pour le dialogue et la coexistence fraternelle au Moyen-Orient, où la foi chrétienne est née et vit, malgré la souffrance. Que Dieu accorde toujours force, persévérance et courage à ces chers peuples.

J’assure ma proximité avec la population du sud-est de la République tchèque frappée par un violent ouragan. Je prie pour les morts et les blessés et pour ceux qui ont dû quitter leurs maisons, qui ont été gravement endommagées.

Je vous souhaite à tous une cordiale bienvenue, de Rome, d’Italie et d’autres pays. Je vois des Polonais, des Espagnols… Il y en a tellement là et là… Visiter les tombeaux des saints Pierre et Paul peut fortifier en vous l’amour du Christ et de l’Église.

Je souhaite à tous un bon dimanche. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir !

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Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Pour une religion courageuse

Pour une religion courageuse

SAINT PAUL VI - début pontificat 1963-fin 1978
SAINT PAUL VI – début pontificat 1963-fin 1978

Il y a cinquante deux ans jour pour jour, le 25 juin 1969, le saint Pape Paul VI donnait une Audience Générale dont voici le contenu qui nous interpelle encore :

L’authenticité doctrinale ne doit pas être altérée par le désir de simplification

Chers Fils et Filles,

Que le Concile demande un engagement chrétien plus sérieux, plus authentique, plus vrai, un approfondissement dans la sincérité, cette idée, nous l’avons dit, est très juste.

Nous pouvons et devons la faire nôtre, parce que c’est d’elle qu’est parti le Concile, de même que de cette aspiration à une interprétation parfaite de la vie chrétienne, aussi bien dans la pensée que dans l’action, surgit sans cesse l’action enseignante, sanctificatrice et pastorale, de l’Église.

Mais, après le Concile, comment s’exprime cette nouvelle mentalité ? Vers quoi va sa recherche d’un christianisme authentique, vivant et adapté à notre temps ? Elle s’exprime de différentes manières. L’une d’elles est de croire désormais facile l’adhésion au christianisme, et donc de tendre à le rendre facile.

Simplifier et spiritualiser

Un christianisme facile: cela nous semble une des aspirations plus évidentes et plus répandues, après le Concile. Facilité: la parole est séduisante; elle est acceptable, dans un certain sens, mais elle peut être ambiguë. Elle peut constituer une très belle apologie de la vie chrétienne, si on la comprend bien; elle pourrait également être un déguisement, une conception de laisser-aller, un « minimalisme » fatal. Il faut bien prendre garde.

Il est hors de doute que le message chrétien se présente dès le début, dans son essence, dans son intention salvatrice, dans les desseins miséricordieux qui le pénètre, comme facile, heureux, acceptable et supportable. C’est une des certitudes les plus fermes et les plus réconfortantes de notre religion. Oui, bien compris, le christianisme est facile.

Il faut le penser, le présenter, le vivre comme tel. Jésus lui-même l’a dit: « Mon joug est doux, et mon fardeau léger » (Mt 11, 30). Il l’a répété, dans ses reproches aux Pharisiens, méticuleux et intransigeants: « Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens » (Mt 23, 4; cf. Mt 15, 2 et ss.).

Et une des idées maîtresses de saint Paul ne fut-elle de libérer les nouveaux chrétiens de l’observance difficile, compliquée et désormais superflue, des prescriptions légales de l’ancienne alliance, avant le Christ ?

Il faudrait quelque chose de semblable pour notre époque, qui est orientée vers des conceptions spirituelles simples et fondamentales, synthétiques et accessibles à tous : le Seigneur n’a-t-il pas condensé dans le suprême commandement de l’amour de Dieu et dans celui, qui le suit et en dérive, de l’amour du prochain, « toute la loi et les prophètes » (Mt 22, 40) ?

La spiritualité de l’homme moderne l’exige, celle des jeunes surtout ; une exigence pratique d’apostolat et de pénétration missionnaire le réclame. Simplifier et spiritualiser, c’est-à-dire rendre facile l’adhésion au christianisme, telle est la mentalité qui semble jaillir du Concile : pas de juridisme, pas de dogmatisme, pas d’ascétisme, pas d’autoritarisme, dit-on avec beaucoup trop de désinvolture : il faut ouvrir les portes à un christianisme facile.

On tend ainsi à émanciper la vie chrétienne de ce qu’on appelle les « structures » ; on tend à donner aux vérités mystérieuses de la foi une possibilité d’expression dans le langage courant et compréhensible à la mentalité moderne, en les libérant des formulations scolastiques traditionnelles et sanctionnées par le magistère autorisé de l’Église.

On tend à assimiler notre doctrine catholique à celle des autres conceptions religieuses ; on tend à défaire les liens de la morale chrétienne, qualifiés vulgairement de « tabous » et de ses exigences pratiques de formation pédagogique et d’observance disciplinaire pour donner au chrétien — même s’il est un ministre des « mystères de Dieu » (1 Co 4, 1; 2 Co 6, 4) ou appelé à la perfection évangélique (cf. Mt 1, 21; Lc 14, 33) — une soi-disant intégration au mode de vie commun. On veut, nous le répétons, un christianisme facile, dans la foi et dans les mœurs.

Ce qui est simple ne s’acquiert pas sans effort ni renoncement

Mais ne dépassons-nous pas les limites de l’authenticité à laquelle tous aspirent? Ce Jésus, qui nous a apporté la Bonne Nouvelle de la bonté, de la joie et de la paix, ne nous a-t-il pas exhorté à passer par « la porte étroite » (Mt 7, 13) ?

Et n’a-t-il pas demandé la foi en sa parole, au-delà de la capacité de notre intelligence (cf. Jn 6, 62-67) ? N’a-t-il pas dit que « celui qui est fidèle en peu de choses, l’est également en beaucoup » (Lc 16, 10) ?

N’a-t-il pas fait consister l’œuvre de sa rédemption dans le mystère de la Croix, folie et scandale (1 Co 1, 23) pour ce monde, en ajoutant qu’il faut y participer pour être sauvé ? Ici la leçon devient longue et difficile. Une question se pose : mais alors le christianisme n’est pas facile ? Alors il n’est pas acceptable par les hommes de ce temps, il ne peut être offert au monde contemporain ?

Nous renonçons maintenant à résoudre valablement cette grave difficulté. Nous rappelons seulement que les choses faciles, si elles sont belles, parfaites, et rendues telles en surmontant des obstacles formidables, coûtent toujours cher.

Nous pensons par exemple à cette loi qui préside à tous les efforts de la culture et du progrès, quand nous avons l’occasion de voyager en avion: voler, comme c’est facile! Mais combien d’études, de fatigues, de risques, de sacrifices, cela a coûté!

Pour une religion courageuse

Et puis, pour rester dans notre thème, demandons-nous si le christianisme est fait pour les tempéraments faibles et les personnes à la conscience trop large ? Pour les hommes lâches, tièdes, conformistes, et peu soucieux des exigences austères du Règne de Dieu ?

Nous nous demandons aussi parfois s’il ne faut pas chercher parmi les causes de la diminution des vocations à la généreuse suite du Christ, sans réserves et sans retour, celle de la présentation superficielle d’un christianisme édulcoré, sans héroïsme et sans sacrifice, sans la Croix, privé donc de la grandeur morale d’un amour total.

Et nous nous demandons encore si parmi les motifs des objections soulevées par l’encyclique « Humanae Vitae » il n’y a pas celle d’une pensée secrète : abolir une loi difficile pour rendre la vie plus facile. (Mais si c’est une loi, qui a son fondement en Dieu, que faire ?)

Nous répéterons : oui, le christianisme est facile; et il est sage, et c’est un devoir d’aplanir tous les chemins qui y conduisent, avec toutes les facilités possibles. Et c’est ce que l’Église, après le Concile, essaie de faire de toute manière, mais sans trahir la réalité du christianisme.

Celui-ci est vraiment facile à certaines conditions : pour les humbles, qui recourent à l’aide de la grâce, par la prière, par les sacrements, par la confiance en Dieu « qui ne permettra pas — dit saint Paul — que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation il vous donnera le moyen de la supporter » (1 Co 10, 13); pour les courageux, qui savent vouloir et aimer, aimer surtout.

Disons avec saint Augustin : le joug du Christ est suave pour qui aime, dur pour qui n’aime pas, « amanti suave est ; non amanti, durum est » (Serm. 30: PL 38, 192).

Tâchez de faire cette expérience heureuse : rendre la vie chrétienne facile par l’amour ! Avec Notre Bénédiction Apostolique.

Saint PAUL VI, AUDIENCE GÉNÉRALE, mercredi 25 juin 1969


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Catéchèses sur la Lettres aux Galates – 1. Introduction

Catéchèses sur la Lettres aux Galates – 1. Introduction

Commençant un nouveau cycle de catéchèses, mercredi 23 juin 2021, lors de l’audience générale tenue en cour saint-Damase du Palais apostolique, le Souverain pontife a médité sur la Lettre aux Galates de saint Paul. Il a loué l’œuvre évangélisatrice de Paul, et mis en garde contre certains prédicateurs, qui se présentent comme «uniques détenteurs de la vérité».

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Cour Saint-Damase
Mercredi 23 juin 2021

Résumé

Frères et sœurs, notre nouveau cycle de catéchèses porte sur la lettre de saint Paul aux Galates. L’Apôtre y rapporte plusieurs événements de sa vie, tels que sa conversion et sa décision de se mettre au service du Christ, mais il y développe aussi des thèmes importants pour la foi et la vie des chrétiens.

Paul se rend compte qu’un grand danger menace les églises qu’il a fondées en Galatie : certains chrétiens venus du judaïsme sèment des théories contraires à son enseignement et dénigrent sa personne en soutenant qu’il n’est pas un véritable Apôtre. Ils affirment surtout que les païens convertis doivent se soumettre à la Loi de Moïse, renonçant à leur identité culturelle pour se soumettre aux usages des juifs.

Les Galates ne savent que faire : découvrir le Christ avait été pour eux le début d’une vie nouvelle, et les avait libérés. Devant ces critiques ils se sentent perdus et incertains sur la manière de se comporter.

Notre époque ne manque pas non plus de prédicateurs qui se présentent, non pour annoncer l’Évangile, mais promouvoir les formes de christianismes auxquelles ils sont liés, et la meilleure manière, selon eux, d’être chrétiens. Suivre l’enseignement de l’Apôtre nous aidera à comprendre quelle route il faut suivre.

CATÉCHÈSE

Chers frères et sœurs, bonjour!

Après le long itinéraire consacré à la prière, nous commençons aujourd’hui un nouveau cycle de catéchèse. J’espère qu’avec cet itinéraire de prière, nous avons pu prier un peu mieux, prier un peu plus. Aujourd’hui, je souhaite réfléchir sur quelques thèmes que l’apôtre Paul propose dans sa Lettre aux Galates.

C’est une lettre très importante, je dirais décisive, non seulement pour mieux connaître l’Apôtre, mais surtout pour approfondir certains sujets qu’il traite en profondeur, montrant la beauté de l’Évangile. Dans cette Lettre, Paul rapporte plusieurs références biographiques, qui permettent de connaître sa conversion et la décision de mettre sa vie au service de Jésus-Christ.

Il aborde également des questions très importantes pour la foi, telles que celles de la liberté, de la grâce et du mode de vie chrétien, qui sont extrêmement actuelles car elles touchent à de nombreux aspects de la vie de l’Église d’aujourd’hui. C’est une lettre très actuelle. Elle semble écrite pour notre temps.

Le premier trait qui se dégage de cette Lettre est le grand travail d’évangélisation réalisé par l’Apôtre, qui avait visité au moins deux fois les communautés de Galatie au cours de ses voyages missionnaires. Paul s’adresse aux chrétiens de ce territoire. Nous ne savons pas exactement à quelle zone géographique il se réfère, ni ne pouvons dire avec certitude la date à laquelle il a écrit cette Lettre.

La préoccupation pastorale de saint Paul

Nous savons que les Galates étaient une ancienne population celtique qui, à travers de nombreuses aventures, s’était installée dans cette région étendue d’Anatolie qui avait sa capitale dans la ville d’Ancyre, aujourd’hui Ankara, la capitale de la Turquie. Paul mentionne seulement qu’en raison d’une maladie, il a été contraint de s’arrêter dans cette région (cf. Gal 4,13).

Au lieu de cela, Saint Luc, dans les Actes des Apôtres, trouve une motivation plus spirituelle. Il dit qu' »ils passèrent par la Phrygie et la région de Galatie parce que l’Esprit Saint les avait empêchés de proclamer la Parole dans la province d’Asie » (16,6).

Les deux faits ne sont pas contradictoires : ils indiquent plutôt que le chemin de l’évangélisation ne dépend pas toujours de notre volonté et de nos projets, mais requiert la volonté de nous laisser façonner et de suivre d’autres chemins qui n’étaient pas prévus.

Il y a une famille parmi vous qui m’a accueilli : ils disent qu’ils doivent apprendre le letton, et je ne sais quelle autre langue, car ils iront missionnaires dans ces pays. L’Esprit amène aussi aujourd’hui de nombreux missionnaires qui quittent leur patrie et se rendent dans un autre pays pour faire la mission.

Ce que nous vérifions, cependant, c’est que dans son travail inlassable d’évangélisation, l’Apôtre a pu fonder plusieurs petites communautés, dispersées dans toute la région de la Galatie. Quand Paul arrivait dans une ville, dans une région, il ne faisait pas tout de suite une grande cathédrale, non.

Il a fait les petites communautés qui sont aujourd’hui le levain de notre culture chrétienne. Il a commencé par faire de petites communautés. Et ces petites communautés ont grandi, grandi et évolué. Aujourd’hui encore, cette méthode pastorale est pratiquée dans chaque région missionnaire.

J’ai reçu la semaine dernière une lettre d’un missionnaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée ; il me dit qu’il prêche l’Évangile dans la forêt à des gens qui ne savent même pas qui était Jésus-Christ. C’est bien! De petites communautés commencent à se former. Aujourd’hui encore, cette méthode est la méthode évangélisatrice de la première évangélisation.

Ce que nous voulons noter, c’est le souci pastoral de Paul qui est tout feu. Après avoir fondé ces Églises, il se rend compte d’un grand danger – le pasteur est comme le père ou la mère qui réalisent immédiatement les dangers des enfants – qui courent pour leur croissance dans la foi. Les dangers grandissent et viennent. Comme on disait : « Les vautours viennent massacrer la communauté ».

La calomnie des nouveaux prédicateurs

En effet, certains chrétiens issus du judaïsme s’étaient infiltrés et se mirent astucieusement à semer des théories contraires à l’enseignement de l’Apôtre, allant même jusqu’à le dénigrer. Ils commencent par la doctrine « cela non, cela oui », puis dénigrent l’Apôtre. C’est la manière habituelle : enlever l’autorité de l’Apôtre.

Comme on peut le voir, il s’agit d’une pratique ancienne, se présenter à certaines occasions comme les seuls détenteurs de la vérité – les purs – et viser à rabaisser le travail accompli par les autres même par la calomnie. Ces adversaires de Paul soutenaient que les païens devaient également subir la circoncision et vivre selon les règles de la loi mosaïque.

Ils reviennent aux observances d’avant, les choses qui ont été ignorées par l’évangile. Les Galates auraient donc dû renoncer à leur identité culturelle pour se soumettre à des règles, des prescriptions et des coutumes typiques des Juifs. Pas seulement. Ces opposants soutenaient que Paul n’était pas un véritable apôtre et n’avait donc aucune autorité pour prêcher l’évangile.

Et plusieurs fois, nous voyons cela. Pensons dans une communauté chrétienne ou dans un diocèse : les histoires commencent et finissent par discréditer le curé, l’évêque. C’est justement le chemin du malin, de ces gens qui divisent, qui ne savent pas construire. Et dans cette Lettre aux Galates, nous voyons cette procédure.

Les Galates étaient dans une situation de crise. Qu’étaient-ils censés faire? Écouter et suivre ce que Paul leur a prêché, ou écouter les nouveaux prédicateurs qui l’ont accusé ? Il est facile d’imaginer l’état d’incertitude qui animait leurs cœurs. Pour eux, avoir connu Jésus et cru à l’œuvre de salut accomplie par sa mort et sa résurrection était vraiment le début d’une vie nouvelle, d’une vie de liberté.

Ils s’étaient engagés sur une voie qui leur a permis d’être enfin libres, bien que leur histoire soit entremêlée de nombreuses formes d’esclavage violent, notamment celui qui les a soumis à l’empereur de Rome.

Dès lors, face aux critiques des nouveaux prédicateurs, ils se sentent perplexes et incertains sur la conduite à tenir : « Mais qui a raison ? Ce Paul, ou ces gens qui viennent maintenant enseigner d’autres choses ? Qui dois-je écouter ? » Bref, les enjeux étaient vraiment grands ! Cette condition n’est pas loin de l’expérience que vivent de nombreux chrétiens de nos jours.

Une condition proche de notre époque

Aujourd’hui encore, en effet, les prédicateurs ne manquent pas qui, surtout à travers les nouveaux moyens de communication, peuvent bouleverser les communautés. Ils ne se présentent pas d’abord pour annoncer l’Évangile de Dieu qui aime l’homme en Jésus Crucifié et Ressuscité, mais pour souligner avec insistance, en véritables « gardiens de la vérité » – comme on les appelle –  la meilleure manière chrétienne.

Et ils affirment avec force que le vrai christianisme est ce à quoi ils sont liés, souvent identifiés à certaines formes du passé, et que la solution aux crises d’aujourd’hui est de revenir en arrière pour ne pas perdre l’authenticité de la foi. Encore aujourd’hui comme alors, il y a en somme la tentation de se replier sur certaines certitudes acquises dans les traditions passées. Mais comment reconnaître ces personnes ?

Par exemple, l’une des traces de la voie à suivre est la rigidité. Face à la prédication de l’Évangile qui nous rend libres, nous rend joyeux, ceux-ci sont rigides. Toujours la rigidité : ceci doit être fait, l’autre doit être fait… La rigidité appartient à ces personnes.

L’Esprit Saint œuvre à tous les siècles

Suivre l’enseignement de l’Apôtre Paul dans la Lettre aux Galates nous fera du bien pour comprendre quel chemin suivre. Celui indiqué par l’Apôtre est le chemin libérateur et toujours nouveau de Jésus crucifié et ressuscité ; c’est la voie de l’annonce, qui se réalise dans l’humilité et la fraternité.

Les nouveaux prédicateurs ne savent pas ce qu’est l’humilité, ce qu’est la fraternité ; c’est la voie de la confiance douce et obéissante, les nouveaux prédicateurs ne connaissent ni la douceur ni l’obéissance. Et cette voie douce et obéissante se poursuit dans la certitude que le Saint-Esprit œuvre à chaque époque de l’Église. En fin de compte, la foi en l’Esprit Saint présent dans l’Église nous fait avancer et nous sauvera.

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Salutations

Je salue cordialement les personnes de langue française. La voie de la liberté que nous indique saint Paul est cella, toujours nouvelle, de Jésus mort et ressuscité, la voie de la confiance, paisible et obéissante, en la certitude que l’Esprit Saint agit à toutes les époques dans son Église. Que Dieu vous bénisse !

Je salue cordialement les fidèles anglophones. Que demain, la célébration de la solennité de l’anniversaire de saint Jean-Baptiste nous inspire à imiter son humble témoignage à l’Agneau de Dieu. Sur vous et vos familles, j’invoque la joie et la paix du Seigneur. Que Dieu vous bénisse!

J’adresse un salut cordial aux pèlerins de langue allemande. Que l’exemple de zèle missionnaire de saint Paul pousse chacun de vous à annoncer et à vivre avec joie la vérité de l’Évangile. Que le Saint-Esprit nous garde toujours unis en tant que fidèles serviteurs du Seigneur Jésus.

Je salue cordialement les fidèles hispanophones, qui sont si nombreux aujourd’hui. Demandons au Seigneur, par l’intercession des saints apôtres Pierre et Paul, que nous célébrerons la semaine prochaine, de nous aider à nous ouvrir à sa grâce, à pouvoir voir, juger et agir à partir de la vérité et de la liberté qui viennent de la rencontre avec le Christ. Que Dieu vous bénisse. Merci beaucoup.

Chers frères et sœurs lusophones : rappelez-vous toujours que l’annonce de l’Évangile se fait avec humilité et fraternité, non pas en imposant, mais en indiquant la voie à suivre. Que la bénédiction de Dieu soit sur vous tous !

Je salue les fidèles arabophones. Le chemin que nous devons suivre pour atteindre le Seigneur est celui, libérateur et toujours nouveau, de Jésus Crucifié et Ressuscité ; c’est celui de l’annonce, qui se réalise dans l’humilité et la fraternité ; c’est celle d’une confiance douce et obéissante, mais toujours avec l’aide de l’Esprit Saint qui œuvre à chaque époque de l’Église. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !

Je salue cordialement tous les Polonais. Chers frères et sœurs, je me joins à la prière pour ceux qui ont subi un grand incendie samedi dernier à Nowa Biała. Dieu merci, il n’y a pas eu de morts. Nous demandons la grâce de la consolation, du soutien et de la solidarité humaine pour ceux qui ont perdu leurs maisons et leurs biens. A vous présents ici et à vos proches je souhaite un été paisible, vécu en présence de Dieu, dans l’Esprit Saint. Je vous bénis de tout cœur.

* * *

J’adresse un salut cordial aux pèlerins de langue italienne. Demain, c’est la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste, envoyé par Dieu pour témoigner de la lumière et préparer un peuple bien disposé pour le Seigneur. Par son intercession, je souhaite à chacun de vous d’abondantes grâces, afin que se fortifient vos généreuses intentions de fidélité à l’appel du Seigneur.

Enfin, mes pensées vont, comme d’habitude, aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. En vous exhortant à renouveler les résolutions d’un témoignage chrétien généreux, j’invoque sur chacun de vous l’assistance continue du Seigneur.

Ma Bénédiction à tous.


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