Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Le choix de la lumière au lieu des ténèbres

Le choix de la lumière au lieu des ténèbres

«Trois aspects du Christ qui se donne à l’humanité faible et pécheresse», c’est ce sur quoi a médité le Saint-Père en ce quatrième dimanche de Carême, lors de l’angélus de ce dimanche 14 mars 2021.

 

Le Christ et Nicodeme
Le Christ et Nicodeme – CRIJN HENDRICKSZ. VOLMARIJN – 1739

«Quelle est la raison de cette joie?» l‘Évangile de la rencontre de Jésus et de Nicodème dit: «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle» (Jn 3,16).

«Jésus a été élevé sur la croix et ceux qui croient en lui sont guéris du péché et vivent.»

«La finalité du don de Dieu est la vie éternelle des hommes: en effet, Dieu envoie son Fils dans le monde non pas pour le condamner, mais pour que le monde soit sauvé par Jésus. La mission de Jésus est une mission de Salut, pour tous.»

«La lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière» (v. 19).

«Celui qui choisit les ténèbres sera confronté à un jugement de condamnation, celui qui choisit la lumière aura un jugement de salut. Le jugement est la conséquence du libre choix de chacun: celui qui pratique le mal cherche les ténèbres, celui qui pratique la vérité, c’est-à-dire le bien, vient à la lumière. Celui qui marche dans la lumière, celui qui s’approche de la lumière, fait de bonnes œuvres».

«Accueillir la lumière dans notre conscience, ouvrir notre cœur à l’amour infini de Dieu, à sa miséricorde pleine de tendresse et de bonté, c’est ainsi que nous trouverons la vraie joie et que nous pourrons nous réjouir du pardon de Dieu qui régénère et donne la vie.»

«Que Marie Très Sainte nous aide à ne pas avoir peur de nous laisser « mettre en crise » par Jésus. Il s’agit d’une crise saine, pour notre guérison, afin que notre joie soit pleine.»

Méditation complète du Saint Père : (page 2)

Catéchèse sur le Voyage apostolique en Irak

Catéchèse sur le Voyage apostolique en Irak

Au cours de l’audience générale du mercredi 10 mars, le Pape François est revenu sur son voyage apostolique en Irak, faisant part de sa gratitude à l’égard de Dieu et de tous ceux qui ont rendu possible cette visite historique. Le Saint-Père a invité les fidèles à continuer à prier pour ce pays et pour le Moyen-Orient.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 10 mars 2021


Frères et sœurs, les jours derniers, en visitant l’Irak, j’ai ressenti fortement le sens pénitentiel de ce pèlerinage en voyant les blessures encore ouvertes, en rencontrant et en écoutant les témoins qui ont survécu aux violences, aux persécutions, à l’exil. Et en même temps, j’ai vu autour de moi la joie d’accueillir le messager du Christ, et l’espérance de s’ouvrir à un horizon de paix et de fraternité.

Le peuple irakien a le droit de vivre en paix, de retrouver la dignité qui lui appartient. La réponse à la guerre n’est pas une autre guerre, mais la fraternité. C’est le défi pour l’Irak et pour tant de régions en conflit ainsi que pour le monde entier. A Ur, là où Abraham a reçu l’appel de Dieu, nous nous sommes tenus ensemble sous un ciel lumineux, ce ciel dans lequel notre père Abraham nous a vus, nous sa descendance.

Et cette phrase : Vous êtes tous frères, nous a semblé résonner dans les cœurs. Ce message de fraternité est ressorti de la rencontre ecclésiale en la cathédrale syro-catholique de Bagdad où 48 personnes furent tuées durant une messe. L’Eglise en Irak est une Eglise martyre. Ce message a aussi été lancé depuis Mossoul et Qaraqosh, ainsi qu’au cours des deux célébrations eucharistiques de Bagdad et d’Erbil.

L’espérance d’Abraham se réalise dans le mystère du Christ qui a ouvert le passage vers la terre promise où les frères sont réconciliés. Et je voudrais dire aux nombreux Irakiens émigrés : gardez la foi et l’espérance, soyez des tisseurs d’amitié et de fraternité là où vous êtes. La fraternité ne fait pas de bruit, mais elle porte du fruit et fait grandir.

Continuons à prier pour cette terre et que Dieu qui est paix, accorde un avenir de fraternité à l’Irak, au Moyen-Orient et au monde entier !

Je salue cordialement les personnes de langue française. Je vous invite à remercier le Seigneur pour ce pèlerinage et à prier pour que se poursuive le chemin de fraternité et de paix en Irak, au Moyen-Orient et dans le monde entier. Que Dieu vous bénisse.

*

Chers frères et sœurs, bonjour!

Ces derniers jours, le Seigneur m’a permis de visiter l’Irak, réalisant un projet de saint Jean-Paul II. Jamais un Pape n’avait été sur la terre d’Abraham; la Providence a voulu que cela ait lieu maintenant, comme signe d’espérance après des années de guerre et de terrorisme et au cours d’une dure pandémie.

Après cette visite, mon âme est remplie de gratitude. Gratitude à l’égard de Dieu et de tous ceux qui l’ont rendue possible: le président de la République et le gouvernement de l’Irak; les patriarches et les évêques du pays, avec tous les ministres et les fidèles des Églises respectives; les autorités religieuses, à partir du grand ayatollah Al-Sistani, avec lequel j’ai eu une rencontre inoubliable dans sa résidence à Nadjaf.

J’ai ressenti avec force le sens pénitentiel de ce pèlerinage: je ne pouvais pas m’approcher de ce peuple martyrisé, de cette Église martyre, sans prendre sur moi, au nom de l’Église catholique, la croix qu’ils portent depuis des années; une grande croix, comme celle placée à l’entrée de Qaraqosh.

Je l’ai ressenti de manière particulière en voyant les blessures encore ouvertes des destructions, et plus encore en rencontrant et en écoutant les témoins qui ont survécu aux violences, aux persécutions, à l’exil…

Et, dans le même temps, j’ai vu autour de moi la joie d’accueillir le messager du Christ; j’ai vu l’espérance de s’ouvrir à un horizon de paix et de fraternité, résumé par les paroles de Jésus qui étaient la devise de la visite: «Vous êtes tous frères» (Mt 23, 8). J’ai retrouvé cette espérance dans le discours du président de la République, je l’ai retrouvée dans les nombreux saluts et témoignages, dans les chants et dans les gestes des personnes.

Je l’ai lue sur les visages lumineux des jeunes et dans les yeux vifs des personnes âgées. Les gens qui attendaient le Pape depuis cinq heures, debout… ; également des femmes avec de enfants dans les bras… Ils attendaient et dans leurs yeux on lisait l’espérance.

Le peuple irakien a le droit de vivre en paix, il a le droit de retrouver la dignité qui lui appartient. Ses racines religieuses et culturelles sont millénaires: la Mésopotamie est un berceau de civilisations; Bagdad a été une ville de première importance dans l’histoire, qui a accueilli pendant des siècles la bibliothèque la plus riche du monde.

Et qu’est-ce qui l’a détruite? La guerre. La guerre est toujours le monstre qui, au fil des époques, se transforme et continue à dévorer l’humanité. Mais la réponse à la guerre n’est pas une autre guerre, la réponse aux armes ne sont pas d’autres armes.

Et je me suis demandé: qui vend les armes aux terroristes? Qui vend aujourd’hui les armes aux terroristes, qui accomplissent des massacres dans d’autres lieux, pensons à l’Afrique par exemple? C’est une question à laquelle je voudrais que quelqu’un réponde. La réponse n’est pas la guerre mais la réponse est la fraternité.

Tel est le défi pour l’Irak, mais pas seulement: c’est le défi pour les nombreuses régions en conflit et, en définitive, c’est le défi pour le monde entier: la fraternité. Serons-nous capables de créer la fraternité entre nous, de créer une culture de frères? Ou continuerons-nous la logique commencée par Caïn, la guerre? La fraternité.

C’est pourquoi nous nous sommes rencontrés et nous avons prié, chrétiens et musulmans, avec des représentants d’autres religions, à Ur, où Abraham reçut l’appel de Dieu, il y a environ quatre mille ans. Abraham est notre père dans la foi, parce qu’il écouta la voix de Dieu qui lui promettait une descendance, qu’il quitta tout et partit.

Dieu est fidèle à ses promesses et aujourd’hui encore, il guide nos pas de paix, il guide les pas de ceux qui marchent sur la Terre avec le regard tourné vers le Ciel. Et à Ur, alors que nous étions ensemble sous ce ciel lumineux, le même ciel dans lequel notre père Abraham nous vit, nous sa descendance, il nous a semblé que retentissait encore dans nos cœurs cette phrase: Vous êtes tous frères.

Un message de fraternité est venu de la rencontre ecclésiale dans la cathédrale syro-catholique de Bagdad, où quarante-huit personnes furent tuées en 2010, dont deux prêtres, au cours de la célébration de la Messe. L’Église en Irak est une Église martyre et dans ce temple, qui porte inscrit dans la pierre le souvenir de ces martyrs, a retenti la joie de la rencontre: mon émerveillement d’être parmi eux se fondait avec leur joie d’avoir le Pape avec eux.

De Mossoul et de Qaraqosh, sur le fleuve du Tigre, près des ruines de l’antique Ninive, nous avons lancé un message de fraternité. L’occupation de l’EI a causé la fuite de milliers et de milliers d’habitants, parmi lesquels de nombreux chrétiens de diverses confessions et d’autres minorités persécutées, en particulier les Yézidis.

L’antique identité de cette ville a été abîmée. A présent, on cherche avec difficulté à reconstruire; les musulmans invitent les chrétiens à revenir, et ensemble ils restaurent les églises et les mosquées. La fraternité est là. Et s’il vous plaît, continuons à prier pour nos frères et sœurs si éprouvés, pour qu’ils aient la force de recommencer.

En pensant aux nombreux Irakiens émigrés, je voudrais leur dire: vous avez tout quitté, comme Abraham; comme lui, sauvegardez la foi et l’espérance, et soyez des artisans d’amitié et de fraternité là où vous êtes. Et, si vous le pouvez, revenez.

Un message de fraternité est venu des deux célébrations eucharistiques: celle de Bagdad, en rite chaldéen, et celle d’Erbil, ville où j’ai été reçu par le président de la région  et par son premier ministre, par les autorités – je remercie les nombreuses personnes qui sont venues me recevoir – et j’ai également été reçu par le peuple.

L’espérance d’Abraham et de sa descendance s’est réalisée dans le mystère que nous avons célébré, en Jésus, le Fils que Dieu le Père n’a pas épargné, mais a donné pour le salut de tous: à travers sa mort et sa résurrection, Il nous a ouvert le passage vers la terre promise, vers la vie nouvelle où les larmes sont séchées, les blessures guéries, les frères réconciliés.

Chers frères et sœurs, louons Dieu pour cette visite historique et continuons à prier pour cette Terre et pour le Moyen-Orient. En Irak, malgré le fracas de la destruction et des armes, les palmiers, symbole du pays et de son espérance, ont continué à pousser et à porter du fruit.

Il en est ainsi pour la fraternité: comme le fruit des palmiers, elle ne fait pas de bruit, mais elle est fructueuse et nous fait grandir. Que Dieu, qui est paix, accorde un avenir de fraternité à l’Irak, au Moyen-Orient et au monde entier!


Je salue cordialement les personnes de langue française. Je vous invite à remercier le Seigneur pour ce pèlerinage et à prier pour que se poursuive le chemin de fraternité et de paix en Irak, au Moyen-Orient et dans le monde entier. Que Dieu vous bénisse.

Je salue cordialement les fidèles anglophones. Que notre chemin de Carême nous amène à la joie de Pâques avec un cœur purifié et renouvelé par la grâce du Saint-Esprit. Sur vous et vos familles, j’invoque la joie et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ. Que Dieu te bénisse!

J’adresse un salut cordial aux fidèles germanophones. Prions pour nos frères et sœurs du Moyen-Orient, si éprouvés, qu’ils aient la force de reconstruire leur société dans la fraternité. Que le Seigneur fasse de nous des messagers de sa paix.

Je salue cordialement les fidèles hispanophones. Que le Seigneur Jésus, Prince de paix, en qui s’accomplit la promesse de Dieu à Abraham et à ses descendants, et qui avec le mystère de sa mort et de sa résurrection nous a ouvert la voie vers la terre promise, vers une nouvelle vie, obtenir du Père pour l’Irak , pour le Moyen-Orient et pour le monde entier un brillant avenir de fraternité et de paix. Merci beaucoup.

Je salue cordialement les fidèles lusophones. Je vous demande de vous joindre à moi pour remercier Dieu pour ce voyage en Irak et pour prier pour la paix et la fraternité universelle. Que la bénédiction de Dieu soit sur vous!

Je salue les fidèles arabophones. La fraternité ne fait pas de bruit, mais elle est féconde et nous fait grandir. Que Dieu, qui est paix, accorde un avenir de fraternité à l’Irak, au Moyen-Orient et au monde entier. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal!

Je salue cordialement tous les Polonais. Mon cœur est rempli de gratitude envers Dieu et envers tous ceux qui ont rendu possible ma visite en Irak. Je vous remercie pour les prières avec lesquelles vous m’avez accompagné dans ce pèlerinage. Je vous remercie également pour votre travail de miséricorde en faveur des chrétiens d’Irak et, en particulier, de Mossoul. Je vous encourage à prier pour la fraternité et la paix dans le monde. Je vous bénis de tout mon cœur.]

* * *

J’adresse un salut cordial aux fidèles italophones. Poursuivant l’itinéraire du Carême, laissez-vous guider par l’action de l’Esprit Saint qui nous conduit sur les traces du Christ à Jérusalem, où il accomplira sa mission rédemptrice.

Enfin, mes pensées vont, comme d’habitude, aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. J’invoque la grâce divine sur chacun, afin que dans la jeunesse, dans la souffrance et dans l’amour conjugal réciproque, vous puissiez atteindre la joie de Pâques, fortifiés par le chemin de conversion et de pénitence que nous vivons. Ma bénédiction à tous.


© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Messe à Erbil – Jésus nous libère de la tentation de la vengeance

Messe à Erbil: Jésus nous libère de la tentation de la vengeance

Pour la dernière étape publique de son voyage apostolique en Irak, le Pape François a célébré ce dimanche après-midi une messe au stade Franso Hariri d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

Environ 10 000 personnes étaient rassemblées dans le stade, dans une ambiance de grande émotion.Les principales autorités provinciales étaient présentes, et la messe a été représentative de la diversité ethnique qui coexiste dans cette province, avec des lectures et chants en arabe, en chaldéen, en kurde et en anglais, ainsi que l’italien pour le canon de la prière eucharistique et l’homélie du Saint-Père.

Une statue de la Vierge Marie avait été disposée près de l’autel: décapitée il y a quelques années par les djihadistes de Daech lors de leur offensive sur la Plaine de Ninive, elle a depuis été restaurée.

La puissance de Dieu ne s’exprime pas dans une démonstration de force

S’appuyant sur la lecture de saint Paul, le Pape a expliqué que la puissance et la sagesse de Dieu s’expriment surtout «par la miséricorde et le pardon». «Il n’a pas voulu le faire par des démonstrations de force ou en imposant d’en haut sa voix, ni par de longs discours ou des étalages de science inégalable. Il l’a fait en donnant sa vie sur la croix. Il a révélé sa sagesse et sa puissance divines en nous montrant, jusqu’à la fin, la fidélité de l’amour du Père, la fidélité du Dieu de l’Alliance qui a fait sortir son peuple de l’esclavage et l’a guidé sur le chemin de la liberté».

Le Pape, faisait référence ainsi au Livre de l’Exode,  à l’expérience concrète de l’exode, vécue physiquement et douloureusement par une grande partie des fidèles présents dans le stade d’Erbil.

Plutôt que de se laisser piéger par «de fausses images de Dieu qui nous donnent sécurité», il faut se rapprocher «de la puissance et de la sagesse de Dieu révélées par Jésus sur la croix». Seule cette logique de miséricorde permettra de désamorcer le cycle de la violence et de la vengeance qui fracturent la région depuis des décennies.

«Ici, en Irak, combien de vos frères et sœurs, amis et concitoyens portent les blessures de la guerre et de la violence, des blessures visibles et invisibles. La tentation est de leur répondre, ainsi qu’à d’autres faits douloureux, avec une force humaine, avec une sagesse humaine. Jésus nous montre au contraire la voie de Dieu, celle que lui a parcourue et sur laquelle il nous appelle à le suivre. »

Purifier le temple du cœur

L’Évangile du jour évoque l’altercation entre Jésus et les marchands du Temple: «Pourquoi Jésus at-t-il fait ce geste si fort, si provoquant? Il l’a fait parce que le Père l’a envoyé purifier le Temple: non seulement le temple de pierre, mais surtout celui de notre cœur. De même que Jésus n’a pas toléré que la maison de son Père devienne un marché, ainsi il désire que notre cœur ne soit pas un lieu d’agitation, de désordre et de confusion.»

«Le cœur doit être nettoyé, mis en ordre, purifié. De quoi? Des tromperies qui le salissent, des duplicités de l’hypocrisie. Nous en avons tous, a insisté le Pape François. Ce sont des maladies qui font du mal au cœur, qui salissent la vie, la rendent double. Nous avons besoin d’être nettoyés de nos sécurités trompeuses qui marchandent la foi en Dieu avec des choses qui passent, avec les convenances du moment.»

«Nous avons besoin que soient chassés de notre cœur et de l’Église les suggestions néfastes du pouvoir et de l’argent. Pour nettoyer le cœur nous avons besoin de nous salir les mains: de nous sentir responsables et non pas de rester à regarder alors que le frère ou la sœur souffre. Mais comment purifier le cœur ? Nous ne sommes pas capables tout seuls, nous avons besoin de Jésus. Il a le pouvoir de vaincre nos maux, de guérir nos maladies, de restaurer le temple de notre cœur.»

«Dieu ne nous laisse pas mourir dans notre péché. Même quand nous lui tournons le dos, il ne nous abandonne jamais à nous-mêmes. Il nous cherche, il nous suit pour nous appeler au repentir et pour nous purifier.» «Le Seigneur veut que nous soyons sauvés et que nous devenions un temple vivant de son amour, dans la fraternité, dans le service, dans la miséricorde.»

Jésus «nous libère d’une manière de comprendre la foi, la famille, la communauté, qui divise, qui oppose, qui exclut, afin que nous puissions construire une Église et une société ouvertes à tous et soucieuse de nos frères et sœurs les plus nécessiteux. Et en même temps, il nous fortifie afin que nous sachions résister à la tentation de chercher à se venger, qui fait s’enfoncer dans une spirale de représailles sans fin. » «le Ressuscité fait de nous des instruments de la paix de Dieu et de sa miséricorde, des artisans patients et courageux d’un nouvel ordre social».

Le Seigneur veut nous relever

En disant «Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai» (Jn 2, 19), Jésus «parlait du temple de son corps, et donc aussi de son Église. Le Seigneur nous promet que, par la puissance de sa Résurrection, il peut nous relever, nous et nos communautés, des ruines causées par l’injustice, par la division, et par la haine. C’est la promesse que nous célébrons dans cette Eucharistie. Avec les yeux de la foi, reconnaissons la présence du Seigneur crucifié et ressuscité au milieu de nous, et apprenons à accueillir sa sagesse libératrice, à nous reposer dans ses blessures, et à trouver la guérison et la force de servir son Règne qui vient dans notre monde.»

«L’Église en Irak, par la grâce de Dieu, a fait et est en train de faire beaucoup pour proclamer cette merveilleuse sagesse de la croix, répandant la miséricorde et le pardon du Christ, spécialement aux plus nécessiteux, a souligné François. Même au milieu de grandes pauvretés et difficultés, nombreux parmi vous ont généreusement offert une aide concrète et une solidarité aux pauvres et aux personnes souffrantes. Ceci est l’une des raisons qui m’ont poussé à venir en pèlerinage parmi vous, à vous remercier et vous confirmer dans la foi et dans le témoignage. Aujourd’hui, je peux voir et toucher du doigt le fait que l’Église en Irak est vivante, que le Christ vit et œuvre dans ce peuple saint et fidèle qui est le sien.»

«Chers frères et sœurs, je vous confie, ainsi que vos familles et vos communautés, à la protection maternelle de la Vierge Marie qui a été associée à la passion et à la mort de son Fils, et qui a participé à la joie de sa résurrection. Qu’elle intercède pour nous et nous conduise à lui, puissance et sagesse de Dieu..»

Les adieux du Pape au peuple irakien

Au terme de cette célébration, le Pape a chaleureusement salué le Patriarche assyrien Mar Gewargis III, les évêques, la population kurde, les autorités civiles, les volontaires  et tous ceux qui ont contribué à l’organisation de son voyage.

«Durant ces jours passés au milieu de vous, j’ai entendu des voix de douleur et d’angoisse, mais j’ai aussi entendu des voix d’espérance et de consolation. Et c’est le mérite, en grande partie, de ces inlassables bonnes œuvres qui ont été rendues possibles grâce aux institutions religieuses de chaque confession, grâce à vos Églises locales et aux diverses organisations caritatives qui assistent les gens de ce pays dans l’œuvre de reconstruction et de renaissance sociale.»

«Maintenant, se rapproche le moment de repartir pour Rome, a expliqué le Pape François. Mais l’Irak restera toujours avec moi, dans mon cœur, a-t-il promis. Je vous demande à tous, chers frères et sœurs, de travailler ensemble dans l’unité pour un avenir de paix et de prospérité qui ne laisse personne à la traîne et ne discrimine personne. Je vous assure de ma prière pour ce pays bien aimé. Je prie de façon particulière pour que les membres des différentes communautés religieuses, avec les hommes et les femmes de bonne volonté, coopèrent afin de nouer des liens de fraternité et de solidarité au service du bien commun et de la paix. Que Dieu vous bénisse tous ! Que Dieu bénisse l’Irak ! Salam, salam, salam ! Allah Ma’akum»

Le Pape  ensuite est reparti pour Bagdad. Il passera une troisième et dernière nuit à la nonciature apostolique, avant de repartir demain matin pour Rome. Cette messe à Erbil était donc la dernière étape publique de ce 33e voyage apostolique, le plus difficile de son pontificat, mais qui s’est déroulé dans d’excellentes conditions.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse